
🔹 La dépression 🔹 Le Plan 🔹 La Peur 🔹 Qu'est-ce que l'âme ? 🔹 Accepter l'incarnation 🔹 La magie de l'intention 🔹 Obtenir de l'énergie 🔹 Développer le calme absolu 🔹 La méditation 🔹 L'Unité 🔹 Le Destin et le Chevalier 🔹 La pensée concrète 🔹 Expérimenter 🔹 Laisser tomber les masques 🔹 Inexistance 🔹 Les armes 🔹 L'Amour 🔹 Le couple, la famille, l'enfant 🔹 Le menteur 🔹 La paresse 🔹 Changer 🔹 Les habitudes 🔹 Vivre naturellement 🔹 La souffrance 🔹 Espace - Temps 🔹 Défaire tout ce qui te fabrique. 🔹 Le non-être 🔹 Détruire 🔹
Ces quelques questions :
La personne âgée à la retraite est jugée économiquement inactive cependant je crois qu'elle pourrait être spirituellement très active. S'il en est ainsi quels seraient les traits de cette activité spirituelle ?
Comment vivre le couple et la vie de famille pour qu'ils deviennent un chemin d'évolution spirituelle ?
Le changement de partenaire dans un couple peut-il s'avérer nécessaire pour l'évolution des individus et, par-delà, de l'Humanité ?
Une question plus générale :
Pourriez-vous nous parler de la religion musulmane, de son avenir et des pays qui la pratiquent ?
Bonjour,
Je vous salue tous en espérant que nous aurons un échange surtout dans le cœur et pas simplement, comme je le dis à chaque fois, dans la tête. Je le spécifie et j'y tiens à chaque fois : je ne veux pas spécialement distribuer des informations pas plus qu'expliquer des choses pas plus que vous donner des éclaircissements sur ce que vous pensez ne pas comprendre. Je ne veux pas être destiné à cela. Par contre il est intéressant pour moi de partager un point de maturité. Je ne veux jamais être considéré comme quelqu'un qui sait mieux que vous qui venez écouter, quelqu'un qui a davantage compris, davantage médité, et qui a acquis un stade spirituel, un niveau extraordinaire.
Si l'on veut que l'homme puisse devenir un collaborateur, que ce soit de la Hiérarchie de l'âme, de l'Univers ou de tous les Maîtres, il faut avant tout qu'il travaille ses conceptions et notamment celle qui lui fait dire que le Maître est quelque chose de puissamment élevé. Ce qui ne veut pas dire que le Maître n'est pas un exemple, il n'est pas au delà de toutes les considérations qui habitent le cœur de l'homme commun. Mais cela ne veut pas dire parce que l'on est différent ou habité par une autre réalité que l'on est supérieur. Il y a une manie dans l'esprit humain à considérer supérieur ce qui est Divin, ce qui est achevé. Ce qui fait que l'on habille, on rend le mot, par exemple le mot perfection, on le rend compétitif. Il y a l'inférieur qui est méprisable, qui est laid, et il y a le supérieur qui lui, au contraire, est admirable.
Sitôt que l'on s'engage dans cette formulation de la pensée on va déclencher des conflits inépuisables dans l'être un jour je vais me sentir inférieur le lendemain peut être assez proche d'une certaine perfection, donc quelqu'un de bon, un bon disciple par exemple, une personne à prendre un exemple et qui du haut de son exemple va pouvoir critiquer tous les autres. Ce déséquilibre psychologique va créer un déséquilibre aussi dans le corps astral qui est le siège, non pas seulement des émotions comme on le croit régulièrement, mais qui est le siège aussi de l'appréciation de soi. Certes par un sentiment que l'on a vis-à-vis de soi-même, mais c'est aussi une racine de notre identité.
La dépression
Beaucoup de déprimes, beaucoup de déstabilisations, proviennent de ce que l'individu ne s'aime pas lui-même. Non pas qu'il pense mal à propos de lui-même, entre autre il va penser mal, mais surtout il ne va pas s'aimer et au pire, même, se détester. Et ceci est un comportement astral. Cela n'a rien à voir avec la raison qui va pouvoir juger que dans tel cas j'ai été bon, dans tel cas performant et dans tel ou autre, ma foi, je ne l'ai pas été mais c'est parce que j'ignorais comment faire. La dépression s'installe à l'endroit-même où l'émotion règne, c'est-à-dire le corps astral. Il ne peut pas y avoir de dépression ailleurs que là.
Si l'on prend quelqu'un uniquement placé dans la raison et qui se trouverait beaucoup de défaut et qui donc se critiquerait sans cesse, on pourrait dire qu'il va bientôt basculer dans la folie mais en aucun cas cela ne provient de l'émotion. Donc il faut veiller à ne pas avoir des conceptions qui puissent vous entraîner dans une méprise à propos de vous-même, une haine à propos de vous-même car vous feriez de la spiritualité non plus un chemin d'illumination mais à coup sûr un chemin de croix amenant à la dépression, à l'instabilité. Et face à toutes les frustrations que, donc, vous seriez en train de connaître, eh bien, tout autant que vous auriez envie de faire des efforts vous verriez que vous n'en seriez pas capable. Et vous verriez en train de vivre par compensation sans arrêt à dire : “Tiens voilà, aujourd'hui j'ai fait telle chose je m'y suis efforcé de façon spirituelle mon Dieu c'est fatigant mon Dieu comme c'est frustrant ! Alors voilà que je vais compenser avec autre chose, un plaisir par exemple, ou l'abus de tabac ou un petit verre d'alcool, ou autre chose. Le recours à la compensation vient du fait que l'on n'arrive pas à comprendre quel est le véritable effort à produire et quelle est la véritable voie. Et en ce sens, je vais commencer à répondre aux questions posées.
Que ce soit à propos de la famille à propos de la vie de couple ou la vie professionnelle que ce soit lorsque l'on s'interroge à propos de la destinée humaine on s'interroge toujours à propos de la même chose : “Mais qu'est-ce que je fais ici ? Pourquoi ma vie est apparue et pourquoi la vie est apparue ? Quel est mon destin ? Ce que je dois faire ?”
Et dès que je me demande ce que je dois faire, à quoi je sers, si mon couple sert à quelque chose si être mère de famille ou père de famille a un sens et un sens suffisant à la vie de l'âme - car il ne suffit pas qu'il y ait un sens il faut aussi que j'y trouve un sens suffisant d'après les critères spirituels dont j'ai entendu parler. Sitôt que je me pose cette question sachez que vous vous posez tout simplement la question de qu'est-ce que la vie ?
Le fait d'être plutôt enseignant père ou mère de famille ou un grand serviteur de Dieu ou un grand entrepreneur ou quoi que ce soit, cela n'a rien à voir et cela n'est pas capable de qualifier le destin. À travers ces différentes expressions ces différentes formes, tout homme sert exactement le même destin. Je suis père ou mère de famille entrepreneur, patron, étudiant ou quoi que ce soit d'autre, mais tout cela n'est qu'en fait un milieu d'expérience. L'expérience à laquelle j'ai été entraîné et qui me va le mieux pour trouver un enrichissement, une maturité, ou même pour apporter quelque chose aux autres. Parce que dans le cas de l'enseignement par exemple ma maturité sera partagée avec les autres ; si je suis père ou mère de famille ma maturité sera partagée avec les autres ; si je suis un patron, un entrepreneur ma responsabilité, mon talent sera partagée avec les autres. Donc chaque fois ce que je vais donner sera d'une nature un petit peu différente mais de toute façon cela n'a qu'un seul but : faire découvrir la vie, l'énergie qui est dans la vie et initier l'individu, sous quelque forme que ce soit, que ce soit par l'intermédiaire du travail de la grossesse, de l'éducation ou même de la mort et de la maladie. Et lorsque, petit à petit, les expériences sont comprises, intégrées, alors on ne se demande plus quel est le destin de l'homme et quel est mon destin. On a l'impression, petit à petit, de prendre connaissance de ce que certains ont appelé le Plan.
Le Plan
Il ne faut pas imaginer le Plan comme étant une direction rigide, il ne faut pas habiller ce concept avec une idée qui fait aller l'homme d'un point A à un point B en s'arrêtant à chaque étape, et chaque étape aura déjà été prévue, quant à la nourriture qu'il y trouvera et au temps de repos qui lui sera donné. Un Plan c'est un but à atteindre. Bien sûr certains moyens sont plus ou moins prévus mais non pas prévu dans le sens où je crée les moyens pour y arriver : “Tiens, je crée la voie initiatique et sur la voie initiatique les épreuves initiatiques.” Non, ce n'est pas comme cela que les choses ont commencé ou ont été préméditées.
Mais il se trouve que puisque l'Univers est un ensemble vivant et qui dit vie dit forcément que des énergies l'ont composé, chacune donnant une part, cela veut dire que pour aller d'un point A à un point B dans cet univers qui est un corps vivant, une conscience vivante, je vais utiliser les mêmes énergies que celles qui ont fait naître cet univers et qui le maintiennent et le composent. Ce n'est pas parce que, tiens moi Dieu ou moi un Kumara, je décide que un chemin initiatique existera et qu'il sera de telle manière, avec tel nombre d'épreuves, avec telle et telle chose à conquérir, à comprendre et que donc ensuite je vais déterminer un enseignement, une religion des sociétés, donc des problèmes humains, etc. Non !
Mais il se trouve que la vie est composée d'un certain nombre de forces, que l'homme est l'expression même de ces forces. Les mêmes forces qui ont composé aussi les étoiles qui maintiennent les systèmes, qui entretiennent la danse, la rotation des planètes, le mouvement des vents, le mouvement des eaux, le mouvement de tout ce qui est en mouvement, même la danse des atomes, l'homme est exactement l'expression de ces mêmes énergies.
Ce qui veut dire que lorsque ces énergies vont apparaître dans le stade humain, s'incorporer à l'aventure humaine et devenir un humain qui ensuite se demande qui il est et quel destin il a, eh bien ces énergies n'ont tout simplement qu'à suivre leur propre pulsation et ainsi elles se retrouvent. Mais voilà que pour faire cette transformation, cette prise de conscience, il faut que l'homme la fasse aussi.
On peut se demander alors plutôt que quelle est la raison de la vie, quel est le destin, quel est mon destin, on pourrait plus justement se demander “Qui est l'Homme ?” ou plutôt “Qu'est-ce qu'est l'Homme ?”
Sitôt que je dirais “qui”, on va supposer l'existence vraie d'une créature vraie. Cependant, il se trouve que la Vie ou la Conscience, ou Dieu, comme vous voulez, la Vie est ce qui est captive à travers chaque règne. Le seul inconvénient dans cette aventure, c'est que chaque règne ne va pas forcément comprendre qu'il maintient et pousse la Vie un peu plus loin. Au contraire, chaque règne va s'identifier à ce qu'il est et ce qu'il se perçoit à propos de lui-même et il va commencer à se définir, et il va commencer à définir des relations typées avec les autres règnes. Il va commencer à croire à sa définition et donc il va vouloir définir tout ce qui existe autour de lui. Et s'il s'agit du règne humain, il va commencer aussi à s'interroger à propos de Dieu, des énergies, de l'au-delà, des guides, tout en les définissant.
Plus cet individu marchera sur le Chemin, et plus il va s'apercevoir que malgré tout ce qu'il sait, il n'a rencontré aucune vérité. Il sait beaucoup à propos des Maîtres, il peut discourir à propos de la qualité des chakras d'un Maître, comment fonctionne son chakra coronal, de quelle manière est-ce qu'il projette une forme-pensée, qu'est-ce qu'il fait exactement à Shambhala, ce qu'est exactement Shambhala et comment cela se détermine. Cependant, il n'aura jamais ressenti la présence d'un Maître, pas plus que rencontré physiquement un Maître. Et petit à petit, en s'apercevant qu'il sait beaucoup de choses mais qu'il ne les a jamais rencontrées, il va se dire que la distance qui le sépare jusqu'à l'initiation est fort grande et que donc il ne connaîtra ces choses qu'au moment de l'initiation. Et que pour aller à l'initiation, eh bien il lui faut encore beaucoup apprendre, apprendre, apprendre.
Chaque fois qu'un règne - et quel qu'il soit, mais notamment le règne humain, c'est sa grande particularité - chaque fois qu'un règne se méprend à propos de lui-même, plutôt que de se demander quelle est son rôle. Plutôt qu'il croit à sa forme et qu'il sert sa forme, comme beaucoup trop d'êtres humains le font, ils servent leur forme abusivement. Dès que cette activité est prédominante, l'individu invente des religions. C'est immanquable. Parce qu'il faut absolument qu'il y ait un Dieu de l'autre côté. Et il faut absolument que pour aller à ce Dieu, il y ait un Chemin. Et il faut absolument que, puisque cela paraissait difficile d'y aller, qu'il y ait donc des niveaux et des étapes. Je ne peux pas comprendre autrement le fait que je sois ici, que j'aime Dieu, que l'on le dise partout, cependant je ne l'atteins pas. Donc je ne peux pas m'imaginer la nature du chemin autrement étant difficile à palliers successifs, progressifs, etc. Et je m'invente ainsi des livres fort savants, que je vais distribuer ou je vais ensuite instruire les gens qui vont croire mon histoire parce que eux-mêmes sont dans la même difficulté. Ils voudraient bien croire en Dieu ou rencontrer les Maîtres, mais quelle obscurité ! On n'y arrive pas ! Et si moi non plus je n'y arrive pas, c'est qu'il doit avoir raison cet instructeur : c'est difficile.
Mais vous observerez qu'un véritable instructeur - et il me désagréable d'employer ce qualificatif car je ne voudrais pas faire de séparation entre un véritable et un moins véritable. On est généreux. Tout le monde a le droit d'exister et de penser ! Mais oui, la pensée est quelque chose qui se partage généreusement ! Pas besoin de savoir si c'est vrai, un peu vrai, grandement vrai, énormément vrai ! On pense, et puis voilà, c'est tout ! On pense !
Cependant, il faudrait savoir s'en arrêter là, à l'exercice joyeux de la pensée, comme à l'exercice joyeux de la course ou de la bicyclette. C'est du sport. On pédale pour le sport. Quelquefois la femme pour maigrir et souvent le mari pour entretenir son cœur. Mais avant tout, c'est pour respirer l'air frais et sortir les enfants. Eh bien, avec la pensée, il faudrait arriver à ce même détachement.
Je pense pour le plaisir de penser, pour la gymnastique mentale que cela représente, parce que, voilà qu'il y a cette activité et je vais m'en servir un petit peu. Mais je ne dois pas commencer à devenir un coureur professionnel, un joggeur professionnel et en oublier ma famille, en oublier ce qui est la base de la santé.
Je ne dois pas pousser mon corps jusqu'à ses limites dangereuses où il peut s'écrouler sous le prétexte que, voilà, c'est la beauté du sport qui veut ça. Malheureusement, dans la pensée aussi, il y a les professionnels. Il fallait bien que de la bicyclette, ils en viennent au mental, c'est normal, c'est humain !
Il y a les professionnels de la pensée qui décident de passer leur vie à penser, élaborer la pensée, des systèmes de pensée et à vous vendre cette pensée, vous obligeant pratiquement par l'effet de la culture à la même pensée.
Donc, ils vous obligent à vivre leur vie, vous n'avez plus droit à votre vie. Vous n'y croyez pas. Vous pensez être libre, vous pensez pouvoir, parce que vous êtes dans des démocraties affirmées, vous pensez pouvoir penser ce que vous voulez, mais pas du tout ! Et même si vous essayez de vous distancer de la culture, on vous oblige cependant à certaines références. Mais cela s'est passé tellement tôt, que vous ne sentez pas le poids de ces références obligées.
Alors, allons voir la nature de ces références. Et ensuite, on parlera peut-être de Dieu, ou des Maîtres, ou du destin de l'Homme. Peu importe ! À ce moment-là, c'est vous-même qui terminerez le discours parce que cela coulera de source. Il vous sera facile de le concevoir, ce sera évident.
Tous les mystères viennent non pas de ce que j'ignore, mais de ce que je ne peux pas voir parce que je crois à autre chose. Et le fait que je sois capable de croire à autre chose, provient bien sûr d'une ignorance, mais ce n'est pas l'ignorance qui est un voile. L'ignorance est un silence : je ne sais pas encore.
Mais ce qui fait que je deviens malheureux, ce qui fait que je deviens un être ténébreux, qui va ensuite se remplir par toute sorte de compensations, c'est que par-dessus l'ignorance, je me mets à croire à quelque chose que je me fabrique pour le plaisir de me sentir en sécurité, ou de me sentir un peuple avec un destin, ou un homme avec un destin.
Rien n'a tué davantage les hommes que cette fameuse question : quel est le destin de l'homme ? Trouvons-nous un destin.
Les églises n'ont pas arrêté de massacrer les individus sous ce prétexte. Le destin, la destinée de mère l'église, protéger sa descendance, protéger sa parole dans le temps. Au lieu d'abandonner la parole de l'église, donc de Jésus, ou de quel que soit le Maître au cœur des hommes, tout simplement.
Celui qui est le porteur, c'est l'homme et l'homme éclairé. Ce n'est pas le destin, un destin forgé, déjà préfabriqué des siècles à l'avance. Et quand vous pensez “destin”, c'est cependant l'erreur que vous faites. Vous ne pensez pas à liberté, vous n'avez pas envie que je vous parle de liberté ! Vous voulez que je vous dise : voilà, ça c'est l'autoroute du destin. Et surtout si c'est une autoroute cosmique, c'est encore mieux ! Je veux bien imaginer que mon destin terrestre sera aléatoire, que je pourrais peut-être épouser celle-ci ou celui-ci, perdre tel travail ou finalement faire tel autre. Oh, Je me suis un peu développée, j'ai appris, j'ai lu et je conçois que là il peut y avoir une instabilité. Cependant, rassure-moi, montre-moi l'autoroute cosmique. On va de A à B. Ce n'est pas comme cela. Et je ne te donnerai aucun destin cosmique ! Au contraire ! Au contraire.
Toutes tes références n'ont aucune valeur ! Et non pas parce que tu as été bête, tu n'as pas été capable de trouver les bonnes références. Je ne t'accuse pas de cela, pas du tout ! Au contraire.
Pense !
Essaye de penser.
Ressens.
Essaye d'intuitionner.
C'est un exercice, mais surtout ne deviens pas le professionnel du ressentir, le professionnel de l'intuition, le professionnel de la pensée. Exerce-toi et ainsi tu es un homme libre.
Exerce-toi et ainsi tu es un homme libre.
Donc, quand une nation, une religion, un peuple, une culture, un homme se pose cette question-là parce qu'il se la pose, ce n'est en fait pas parce qu'il est soucieux de savoir qu'est-ce qu'il doit faire sur la Terre. Oh non ! Prenez 100 disciples qui se posent cette question et vous en aurez à peu près 80 qui se moquent complètement de leur devoir spirituel. Ils ont peur, tout simplement, de l'ignorance qu'ils ressentent et qu'ils associent au goût de la mort. Tout simplement.
La Peur
Si j'ai un destin, cela veut dire que je ne meurs pas. Surtout si je suis un disciple ! On me démontre par là-même que après mes initiations, je suis l'âme, que l'âme est éternelle, qu'elle a aussi un travail spirituel à faire, mais qu'elle reste dans son plan magnifique. Ah ! Enfin, il y aura du bonheur là-haut à ce moment-là ! Et puis qu'ensuite, elle rejoint la Monade ou toute autre chose.
Je m'assure de quoi ?
Je m'assure de mon immortalité, tout simplement.
Et c'est pour cela que votre interrogation résonne toujours comme une coquille vide que personne ne vous répond, et que je ne vais pas vous répondre de sitôt ! Et que je vais plutôt vous promener encore un petit quart d'heure.
Parce que tu ne me poses pas véritablement la question avec ton cœur. Un cœur adulte, prêt à travailler, sérieux. Non, c'est un enfant affolé par les fantômes, notamment celui de la mort, celui de la maladie.
“Si j'ai un destin, peut-être j'aurai une maladie, petite ou grande, bénigne ou tragique. Mais c'est une raison spirituelle ! C'est forcément pour une purification. Donc, je n'ai pas la même maladie que l'autre, l'ignorant. Ce n'est pas le même cancer. Mon cancer est joyeux. Le mien, il est gentil. Il est pour mon illumination.”
Cependant, tu auras beau te mentir. Tu auras beau te fabriquer ce scénario pendant des mois et des mois. À un moment donné, tu sentiras que finalement, tu es malade comme un autre. Et que tu vas mourir comme un autre. Et que Dieu t'a bien abandonné. Et que les Maîtres, finalement, ne t'ont pas aidé. Personne n'est apparu pour régénérer tes cellules. La crise qu'il y aura à ce moment-là dans ta conscience, va te plonger dans un grand malheur, mais en même temps, c'est le moment d'une grande compréhension.
Tous les hommes meurent de la même mort. Il n'y a pas de différence. Que ce soit entre l'ignorant, le disciple, l'initier, le Maître. C'est la même disparition. C'est le même départ.
On ne meurt pas mieux qu'un autre pour de meilleures raisons !
Par contre, et c'est là la grande différence, on peut rester vivant. Malgré le départ.
Et là est toute la différence entre la mort d'un disciple, d'un initié, et celui d'un homme, et celle d'un homme ignorant. Un homme ignorant va véritablement s'endormir dans un abîme profond. Ce qui fait qu'il aura peur. Peur à chaque seconde qui va le faire sortir du corps. Tandis que l'autre, tout en partant, tout en quittant son corps et tous ses amis et toute sa famille, toute son expression, celui-là, de seconde en seconde, se réveille à de plus en plus de vie. Cependant, le départ est le même.
Donc, arrêtons de nous jeter de la poudre aux yeux quant à la spiritualité, quant au destin, quant au Maître. Cette grande Sécurité Sociale Cosmique. En pensant puisque je suis éveillé en Dieu, puisque je prie ou puisque je médite, ma maladie est meilleure, ma mort est meilleure, mon destin est sécurisé, il est cosmique.
Si tu surprends ta pensée à élaborer des idées de la sorte, va voir juste de l'autre côté. Et tu t'apercevras que tu trembles de peur. Et c'est de cette peur que je veux te parler.
Je ne veux pas détruire ton rêve. Je ne veux pas détruire la sécurité. Je ne veux pas détruire ta vision quant à ta maladie qui est meilleure que celle d'un profane ou à ta mort qui sera finalement plus belle que celle des autres, ou au fait que tu as un destin cosmique comme toutes les âmes. Je ne veux pas détruire ta vision, au contraire, mais je veux te faire remarquer que ce qui l'inspire est une racine de peur.
Et que tant que nous n'avons pas discuté de cette peur, nous ne pourrons pas discuter de la voie, de la voie spirituelle, de la méthode, de la compagnie des Maîtres. Comment veux-tu t'apercevoir que le Maître est assis à côté de toi si tu es entouré dans les voiles, les voiles de la peur ?
Tu ignorerais toute présence, même celle de Dieu ! D'ailleurs, en ce moment même, tu es en train d'ignorer la présence de ton voisin.
As-tu conscience de la présence de ton voisin ? Je te le demande. As-tu conscience de celui qui est assis à côté de toi en ce moment même ?
Tu es tellement occupé à penser à ton problème ou à penser à mes paroles, ou à penser si tu vas sortir de cette pièce où y rester, que tu ne t'aperçois pas de la qualité de vie de l'autre. Tu ne regardes même pas comment il est habillé, ce qu'il peut rayonner et tu ne rentres pas en résonance avec. Alors, comment pourrais-tu remarquer la présence d'un Guide, d'un Maître ou la présence Divine qui habite en toi ? Quand on est cloisonné, c'est pour tout le monde ! Ce n'est pas simplement pour éviter les moustiques, c'est vis-à-vis de tout le monde qu'on le sera.
Et pour retirer petit à petit cette cloison ou cette moustiquaire, il faut que nous en venions de parler de la peur et à réaliser cette peur. Et cependant, en allant voir cette peur, dès que je toucherai à ta moustiquaire, à tes voiles, à tes cloisons, elle va s'agiter en toi pour que tu n'enlèves pas ces voiles, parce que ces voiles font office de protection. Et tant que tu te sens protégé, tu te sens apparemment heureux, bon disciple, le monde est bien rangé, il tourne bien sur lui-même. En tout cas, suffisamment longtemps pour que j'aie eu le temps de vivre et de mourir.
En fait, toutes tes protections, tous ces voiles que tu crées, ne sont pas faits pour te protéger de l'extérieur. Tien, est-ce que la terre va bien tenir dans l'espace ? Est-ce qu'elle ne risquerait pas de tomber un de ces jours ? Comment faire pour prévenir la maladie ? Comment faire pour me garantir la retraite, la vieillesse, un destin meilleur et progressif, une famille heureuse, etc. ?
Toi, tu crois que toutes ces protections sont faites pour ces raisons. En vérité, c'est uniquement pour te protéger massivement de ta peur.
La peur n'est pas quelque chose qui s'explique. On va pouvoir lui donner des visages, la peur du lendemain, la peur de la maladie, la peur de la mort, mais en fait, la Peur est tout simplement une grande masse, innommable et informe. Elle est la Peur, c'est tout. Qu'ensuite tu la transformes en une multitude, cela t'appartient. Et en mettant ces voiles, tu crois que tu vas te distancer de toutes ces peurs consécutives à la grande, à la vraie Peur.
Allons voir qui elle est. Et une bonne fois pour toutes, apprenons à s'en débarrasser.
D'abord, tu verras qu'en descendant dans le secret de ton cœur, tu as de plus en plus peur de rencontrer cette peur. Eh oui ! Non pas qu'elle te fait peur comme si tu aurais peur de rencontrer un fantôme, mais tu as honte de toi.
“Tiens, je me croyais mieux que cela. Je me croyais finalement assez stable, assez équilibré.” Si la peur est capable de te faire honte, cela veut dire qu'elle a un grand pouvoir sur ton identité. Cela ne veut pas dire qu'elle est simplement un monstre qui hurle comme ça dans les abîmes de ta conscience insondables. Cela veut dire qu'elle a un pouvoir sur tout le jour de ta vie. Quand je dis le jour, je veux dire le côté objectif, ce que tu perçois de toi-même, ton identité, celle que tu nommes, que tu détermines, que tu façonnes selon les expériences, que tu offres aux autres, tes différents masques. En fait, elle est étroitement liée à l'absence de Dieu.
La Peur est étroitement liée à l'absence de Dieu.
Tant que j'ignore le Dieu qui est en moi, l'absence va être la Peur. Et cette peur qui va vouloir vivre, comme tout parasite ensuite veut vivre à mes dépens, va me faire croire qu'elle est la peur du lendemain, la peur de la maladie, la peur de ceci, la peur de cela. Mais je peux éradiquer toutes les peurs et la Grande Peur en sachant et en prenant conscience une bonne foi pour toutes, que ce n'est pas la peur de l'inconnu, la peur du lendemain, de l'insondable. C'est l'absence qui me rend triste. Et cette tristesse qui me ronge psychologiquement ensuite devient cette peur.
En fait, la peur est aussi liée à la colère.
Observez-vous ou observez vos amis ou vos enfants.
Quand je dois faire quelque chose que je ne maîtrise pas, j'ai peur. Et pour m'empêcher de faire cette chose, pour me trouver des raisons de ne pas faire la chose, je me mets en colère ! Et je refuse de faire la chose de façon coléreuse. Je la refuse avec une grande colère. Tous ceux-là, tous ces sentiments viennent comme des petits canards qui sortiraient en famille, les uns derrière les autres. Chacun a son coin-coin particulier et cela affole terriblement l'entité que l'on appelle l'homme.
Quelle est la part de l'homme, d'ailleurs, qui entend tous ces bruits et qui essaye de négocier avec et de mener sa vie, quoi qu'il en coûte, puisqu'il faut bien vivre, n'est-ce pas ? Eh bien, c'est une toute petite chose, c'est un tout petit principe qui est la pensée.
La pensée désespérément essaye de mettre de l'ordre dans tous ces petits coin-coins, les coin-coins miniatures et les coin-coins affolants parce qu'ils crient plus fort que les autres et font plus peur que les autres. Et voilà que la pensée n'est pas éduquée, car la pensée concrète, la pensée spéculative est quelque chose qui se développe au fur et à mesure des incarnations et de la rencontre avec les divers types d'éducation.
Ce qui fait que, voilà une pensée qui n'est pas au faite de son éducation, de sa maturité, ou à qui au contraire, on aura appris des choses contraires au Bonheur et à la Vérité, et la voilà qui essaye de mettre de l'ordre dans tous ces coin-coins et ces informations terroristes.
Comment voulez-vous que cela puisse fonctionner ? Impossible ! Impossible ! Parce que la pensée n'est qu'un principe parmi tant d'autres. Elle n'a pas le pouvoir sur tous les autres principes. Elle a une fonction, elle a un travail. Alors voilà que je vous propose de faire appel à un autre principe, plus grand, qui, lui, aura le pouvoir de mettre de l'ordre là-dedans, dans tous ces coin-coins. Et de qui je veux parler ?
Allez, réfléchissons ensemble ! Allez ! Vous savez que j'aime beaucoup jouer aux devinettes.
Alors pendant quelques secondes, essayez de réfléchir.
N'ayez pas peur de me lancer par la pensée votre réponse, je ne vous critiquerai pas, je ne vous jugerai pas. Un cœur équilibré est incapable de critique, est incapable de mépris ou de dédain, ça c'est le luxe que se payent les hommes, mais sans doute pas les Guides.
Quel est ce principe ?
Pour commencer, avec un mot qui mettra tout le monde d'accord, nous citerons l'âme. Mais je vais la définir.
Qu'est-ce que l'âme ?
Qu'est-ce que l'âme ?
Car si dès demain, vous devez commencer à vivre votre vie, à pressentir votre vie, à penser même votre vie grâce à l'âme, comment vous allez vous y prendre ?
D'abord, il faudrait connaître l'âme, n'est-ce pas ?
Or, vous allez m'avouer : “Mais je ne la connais pas, je ne l'ai jamais ressentie, elle reste une inconnue. Alors, comment je pourrais penser depuis un endroit de moi-même que je ne connais pas ? Comment je peux aller pêcher au bord d'un lac dont je ne connais rien ? Je ne sais même pas me rendre à ce lac et tout simplement parce que je ne sais pas où il se trouve et que je n'ai de toute façon aucun véhicule !”
Eh bien, c'est là que les sages, et je pense qu'aucun de mes frères ne me contredira, c'est là que les sages paraissent énigmatiques et qu'ils paraissent répondre avec poésie à ce qui, cependant, est une énigme et qui vous coûte tant de travail.
Je vous le demande de me croire. Nous ne faisons pas de poésie, absolument pas !
Et si je vous réponds “mais ce lac n'est pas à l'extérieur de toi, ce lac est sans cesse et constamment en toi et autour de toi”, ce n'est pas pour faire une belle histoire. C'est parce que le point est sur le “i” et qu'il en est ainsi.
Alors, nous allons petit à petit essayer de comprendre et d'atteindre cet endroit qui ne demande pas spécialement que l'on s'y déplace, mais plutôt que l'on s'y ouvre.
Sitôt que tu auras fait taire dans ta tête cette conception de déplacement d'un point A à un point B, de la première initiation à la dernière initiation, de la Terre, de la vie sociale, de la vie humaine classique, à la vie à Shambhala, et tout cela le concevant comme une distance, un point à aller conquérir, tant que tu n'as pas fait taire cette façon de penser nous ne pourrons pas nous comprendre. Alors, je te laisse deux, trois secondes pour te lever et me quitter.
Par contre, si tu veux jouer mon jeu, ne serait-ce que pour l'exercice. N'oublie pas que l'on fait du vélo pour le plaisir, n'est-ce pas ? Nous ne sommes pas des professionnels. Je ne suis pas le professionnel de la Sagesse. Je ne suis pas le professionnel de Shambhala. Il n'y a pas écrit le mot “guide” comme étant une référence, un qualificatif professionnel. Cela n'existe pas ! Aucun sage n'est le spécialiste de la sagesse ! Non. Il en est l'éclat de rire.
Ah oui, ça c'est un peu de la poésie ! Mais c'est bien comme cela qu'il faut le prendre !
Si je suis l'expression de quelque chose, c'est parce que c'est la chose qui vit en moi et qui passe. Ce n'est pas parce que moi j'existe et qu'ensuite cette chose existe et que je la connais et que j'en suis spécialiste et que j'en parle ou que je la donne. Et toute cette conception élaborée par la pensée dualiste ne mène absolument à rien qu'à l'incompréhension totale entre les livres d'ésotérisme de sagesse et vous. Vous qui essayez justement de faire un effort, de devenir spirituel.
C'est un peu comme si j'essayais de marcher sur les cheveux. Comment pourrais-je y arriver ? Il faut que je marche sur les jambes ! Eh bien, vous avez la même difficulté avec la spiritualité. Vous voulez marcher sur des cheveux !
Non. Pas possible.
Alors ?
Apprenons à voir où se trouvent exactement les jambes. Apprenons à les accepter comme étant ces jambes et comme étant des véhicules et des fonctions.
Accepter l'incarnation
Qu'est-ce que je veux dire ?
La plupart des gens rejettent le monde de la chair, le monde physique et l'incarnation.
“C'est embêtant ! C'est peut-être même vil. C'est en tout cas inférieur. Quelle triste histoire ! Alors je rejette ! Parce que moi je veux être spirituel. Parce que moi je veux aller à Shambhala ! Parce que moi je veux me purifier pour être une lumière qui ne s'incarnera plus jamais.”
Comment veux-tu arriver à une méditation si tu as un esprit pareil ? C'est impossible !
D'abord, ce n'est pas sain de penser de la sorte. C'est une activité mentale proche de la folie. Et tu peux y basculer à chaque instant en pensant de la sorte. Eh oui, je te le garantis, n'y va pas ! Retire-toi de cette façon de penser. Et j'économiserai ainsi un fou de plus pour la prochaine vie !
Commence à accepter l'incarnation. Même si tu ne comprends pas vraiment sa nature, pourquoi il y a tant de souffrance, pourquoi le corps fait mal, pourquoi est-ce qu'il peut devenir malade, pourquoi est-ce que on peut, dans des accidents, y perdre sa vie, y perdre les siens, y perdre toute sécurité dans le cas où on y perd l'époux ou l'épouse ou les enfants. Même si tu ne comprends pas encore toutes ces choses, n'en fais pas une colère ! Rappelle-toi la colère et la peur, sont sœurs. Et tout ça ne veut dire qu'ignorance. Et tout ça ne veut dire qu'absence, l'absence de Dieu dans laquelle tu te sens.
Tu n'as donc pas du tout les instruments valables pour te mettre à penser ou estimer ta vie, ou estimer le but de l'incarnation. Puisque tu es rempli de l'absence de Dieu, rempli de la peur de cette absence, rempli de colère et rempli de peur. Mon Dieu, mais sort-là cette colère !
Si je pouvais, je m'y prêterais, vois-tu, je voudrais devenir un grand ballon et que tu puisses y taper dedans, mais je ne peux pas transformer ce corps. Malheureusement pas. Allez, vous allez faire une collecte et vous acheter un grand ballon dans lequel vous allez taper, chaque fois que il y aura un rendez-vous, un rendez-vous pour me rencontrer. Et lorsque vous serez débarrassé de cette colère et de cette peur, peut-être vous arriverez mieux à me comprendre. Et à ce moment-là, enfin, je ferai des rendez-vous de trois minutes ! Cela changera votre vie et cela donnera plus beaucoup de sens à la mienne, c'est vrai. Mais peut-être on aura plus de temps pour s'amuser tout simplement à ce moment-là.
Donc, laissons de côté tout ce que l'on pense.
Parce qu'en fait, on ne pense pas, on croit penser.
On ne pense pas, on croit penser.
Parce qu'on croit ressentir des idées et les voir commencer avec une suite logique, un développement logique et aboutir à une fin logique. La logique donne l'impression d'une activité mentale, d'une pensée qui existe.
Malheureusement, je dois vous faire l'amère déception que vous n'êtes pas dans la possibilité de penser. Vous éprouvez. Ensuite, ce petit principe qui est la pensée concrète, essaye de mettre de l'ordre, de ranger. Mais elle ne pense pas, elle range. Elle essaye de trouver une suite à toutes ces choses. Alors, elle va s'y prendre méthodiquement.
“Voyons, là, à tel âge, il y a eu un traumatisme, il y a eu une frustration, il y a eu un gros malheur, une peur. Et puis ensuite, il y a eu une grande joie, il y a eu une fonction, il y a eu telle ouverture. Et puis, quelques années après, une autre transformation, une autre expression.” Et avec les années, ainsi, la pensée va essayer de ranger toutes ces impressions, ces peurs, ces joies, ces espoirs, ces frustrations. Tout simplement parce que la pensée concrète n'est en fait qu'un mouvement de logique et il n'y a rien de pire pour devenir fou !
La pensée concrète n'est qu'un mouvement de logique et il n'y a rien de pire pour devenir fou.
Et c'est comme cela que l'on devient fou, en essayant de mettre cet ordre.
Voyons, il doit y avoir une raison. Une raison à mon malheur, une raison à ma peine, une raison à ceci. Et dès que je cherche la raison, peut-être, bien sûr, je vais en trouver une, il y a une cause et pas une raison. Mais, sitôt que j'en fais une raison, alors voilà, quand l'Univers s'écroule sur moi, je prends encore plus connaissance de mes peurs. Et la pensée n'y aura donc mis aucun ordre, aucun soulagement. Au contraire, elle va, implacablement, comme un soldat qui fait son bruit de bottes, nous montrer davantage cette Peur fondamentale. Et nous voilà partis d'un petit rhume pour aboutir à une grande dépression. Quel grand cheminement !
Si autant d'efforts étaient déployés pour l'initiation, il y aurait beaucoup plus d'initiés sur la Terre ! Mais voilà, on n'a pas été assez imaginatifs, on n'a pas pensé qu'un rhume pourrait servir d'épreuve initiatique. Dommage !
Et cependant, vous, vous vous en servez comme épreuve. Mais d'une initiation que je qualifierai d'inverse puisqu'elle mène à la dépression.
Donc, arrêtons de penser. Et admettons une bonne fois pour toutes que nous ne sommes que des ressentiments, des sentiments, des frustrations, des culpabilités. Et qu'il n'y a aucune logique à mettre en cela. Ne raisonne pas !
Alors, tu peux me demander : “Mais, est-ce que je dois renoncer à me comprendre ? Parce que si je me comprends, je mets quand même un peu de lumière, de la compréhension naît la libération !”
Bien sûr, tu peux me rétorquer cela. Cela paraît logique. Mais encore une fois, la logique est mauvaise conseillère. Très mauvaise ! Tout simplement parce que elle va, puisque tu déstabilises les petites logiques installées, introduire une plus grande logique contre laquelle tu ne peux rien, parce qu'elle appelle la sagesse, la psychanalyse, la psychologie, l'étude de soi.
La compréhension ne vient pas de ce que, mentalement, je vais analyser un fait et en voir le développement. Même si je vois, parce qu'il est vrai que la pensée bien élaborée peut arriver à découper ainsi un événement émotionnel, un état psychologique. [...]
Vous ne savez pas comment sortir de votre problème ou de vos limites, parce que vous n'avez employé que la logique pour voir plus logiquement quelque chose qui s'était bien rangé grâce à la logique et qui logiquement vous maintiennent dans sa prison très logique et très carrée. Tout cela parce que je m'entête à penser à propos de mes sentiments.
Je ne peux pas penser à propos de mes sentiments. Je ne peux pas les analyser. Je ne peux pas les exorciser. Tout ce que je peux, c'est admettre qu'ils sont les sentiments. Ils sont cette expression qui a eu lieu, qui continuera d'avoir lieu. Je ne réussirai pas à chaque fois. Et que par-dessus ce sentiment, je ne peux pas y mettre ni la raison, ni la pensée. Que ce soit pour exorciser ce sentiment ou que ce soit pour maîtriser ce sentiment lorsque dans une action, dans le présent, je veux devenir un bon disciple donc me contrôler.
Par contre, je peux transformer magnifiquement ce sentiment. Eh oui ! Je le transforme sitôt que je fais appel à ce principe supérieur, au-delà de la pensée qui est logique, le cœur de l'âme.
Comment je vais y aller ?
Tout simplement en m'y replongeant par une intention magnifique.
S'il y a une magie dans l'homme et si vous avez le pouvoir d'utiliser une magie, c'est la magie de l'intention.
La magie de l'intention
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point vous pourrez faire des choses et changer en vous des choses et vous libérer de vos prisons grâce à l'intention. On a beaucoup parlé de la magie des invocations, des manipulations, d'énergie.
On a beaucoup parlé du pouvoir de la pensée. “Tiens, je vais me mettre à penser cela, je vais y croire, cela va arriver. Je vais tellement matraquer la porte du bon Dieu qu'il va finir par me jeter ce que je veux par la fenêtre.” Toutes ces choses existent mais d'une manière tellement ridicule et de toute façon sans lendemain, sans grandeur et certainement pas en vous apportant la Liberté, qu'il vaut mieux s'interroger à propos de ce véritable bâton de magie qui est dans votre cœur et qui est l'intention.
Mais voilà de nouveau un problème !
Qu'il y ait intention et notamment intention dans le cœur, dit qu'il faudra avoir un cœur vivant, un cœur ouvert. Plongez dans votre cœur pour vous ouvrir à cette intention magnifique et vous allez voir quoi ?
Eh bien vous allez voir quoi ? Vous allez voir qu'il y a la sécheresse.
Chaque fois que vous vous asseyez pour prier, ou pour vous programmer de façon à avoir la puissance de la pensée, chaque fois que vous vous asseyez pour méditer, pour communier, pour invoquer une énergie, vous rencontrez quoi ? Ce que vous allez appeler : “tiens, c'est pas mon jour, il y a le manque de foi. Je suis stérile, mon cœur est sec, mon cœur est éteint, mon cœur est replié sur lui-même. Je voudrais bien appeler mais je n'en ai pas le cœur ! Je suis faible. Je suis comme un malade.”
Alors on va chercher les moyens de se doper pour avoir cette intention. Et quels sont les moyens de se doper pour avoir la force d'aller dans ce cœur ? Et c'est là que l'on invente toutes sortes de choses. Des techniques, eh oui. Alors on massacre l'esprit avec des sons, avec des mantras où l'on fait tout un petit rituel, avant, pendant, après la méditation et les prières parce que cela dope. Cela réveille le cœur et que lorsque l'on a un cœur réveillé, on s'aperçoit que l'on a accès immédiat à cette intention et que, whoum !, on peut partir dans l'espace, on peut fusionner avec quelque chose et que cela nous remplit.
Cela veut dire quoi ?
Qu'est-ce que cela vous fait soupçonner ?
Allez, on réfléchit un petit peu. On réfléchit. On fait tourner tous ces neurones !
Cela vous fait soupçonner quoi ?
Eh bien, cela devrait vous faire comprendre que pour être réveillé, l'Homme a besoin d'énergie. Pour être vivant, l'Homme a besoin d'énergie et qu'il est sans cesse à la recherche de ces énergies qui lui permettront de se réveiller.
Pour être réveillé, l'Homme a besoin d'énergie.
Les moyens d'obtenir cette énergie seront divers.
Obtenir de l'énergie
Pour l'homme profane, il sera question de se lancer dans les plaisirs de la vie. Là, il se sentira vivant, vibrant ! Il ne supportera pas de rester à la maison tranquillement, avec les pantoufles aux pieds. Il lui faudra sortir, rencontrer d'autres êtres, même si ces êtres-là ne lui plaisent pas. Mais c'est le seul moyen d'avoir un peu une aventure. Il lui faudra aller au bal ou en boîte de nuit, avoir des amoureux, des amoureuses, partir en voyage et fabriquer ce voyage d'une manière périlleuse. Cela lui donnera l'impression d'être vivant parce que sa conscience sera en train d'expérimenter des choses.
Pour l'homme, un peu plus développé, un peu plus spirituel, qui lui accepte volontiers les pantoufles, la fidélité dans le couple et qui n'a plus envie d'aller au bal ou en boîte de nuit et qui ne veut pas de ces énergies qu'il juge dérangeantes, trop grossières, fracassantes. Il va cependant être aussi à la recherche d'une énergie car il sent bien que son cœur est sec et qu'il dort et que sans l'accès à la vie, il ne peut pas rencontrer Dieu. Donc, il va aller vers les rituels, les différentes religions ou sociétés ésotériques. Et chaque fois qu'il va recevoir cette énergie déclenchée, il va se sentir mieux, plus grand, plus vivant.
Si l'on prend un disciple encore plus avancé, étant donné que sa propre énergie est déjà en mouvement, il ne sera plus attiré par autre chose que la méditation. Donc, un non-mouvement. Alors que les hommes précédents doivent se plonger dans le mouvement presque jusqu'à l'excès afin d'être en vie et de développer et de réveiller la vie, voilà que le disciple avancé se retire dans le non-mouvement et qu'il laisse tout le mouvement à l'Esprit qui est en lui. Car seul l'Esprit, à ce moment-là, va vibrer et s'exprimer.
Ce qui veut dire que le niveau sur lequel vous vous trouvez, la façon dont vibre votre esprit, le degré d'éveil qu'a obtenu votre cœur, c'est depuis ce niveau-là que vous devez chercher à être vivant. Et ce n'est pas en vous demandant quelle serait la meilleure voie pour aller à Dieu, la meilleure école ésotérique et y aller et y être fidèle. C'est depuis l'endroit où vous vous trouvez que vous devez travailler.
C'est depuis l'endroit où vous vous trouvez que vous devez travailler.
Je veux dire quoi ?
Je veux dire qu'il n'y a pas un outil qui doit avoir votre préférence.
Est-ce que je vais faire du rituel ? Est-ce que je vais rester bon chrétien, continuer à aller à la messe ? Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que je dois parcourir le monde, chercher un gourou qui me donnera mon mantra, ma méditation ? Ou est-ce que je dois appliquer la méditation de tout le monde ?
L'important c'est à l'endroit où vous êtes et avec ce que vous êtes, commencez à travailler.
Les outils, en fait, n'ont pas de pouvoir. Il n'y a que votre volonté à commencer le travail qui donne du pouvoir aux outils. Et l'homme a toujours tendance, puisqu'il raisonne depuis la pensée logique et il est logique dans ce sens. Il se dit : “mais je sens bien que je n'ai pas de pouvoir, donc je vais chercher quelque chose qui en aura. Et tout ce qui est à l'extérieur de moi en aura du pouvoir. À partir du moment où cela est extérieur à moi, c'est rempli de pouvoir, puisque moi je suis sans pouvoir.”
Alors que la vérité est toute l'inverse. Aucun objet, aucune technique, aucun outil ne peut avoir de pouvoir alors que tout le pouvoir est en toi et que c'est toi qui va donner le pouvoir aux objets extérieurs.
Alors voilà de nouveau une histoire de fous !
Comment arriver à me sentir vivant, à déclencher cette énergie alors que je dors et que mon coeur est sec et qu'un coeur sec ne peut pas me donner l'énergie pour devenir un coeur vivant ?
Ce que j'essaie de te faire comprendre, c'est que tu dois arrêter d'identifier ce qui aura du pouvoir et ce qui apparemment n'a pas du pouvoir.
Tu auras beau te sentir sec et tu vas te sentir sec et tu te sens sec sitôt que tu t'assois pour méditer ou pour prier. Tu ne dois pas identifier ton coeur à cette sécheresse. C'est un passage et uniquement un passage, c'est un voile.
Sois simplement patient.
Si tu dois être quelque chose sur le Chemin, c'est bien cela : patient, et attend.
Alors que vas-tu faire ?
Voilà que tu es assis, voilà que tu es rentré dans le coeur et voilà que tu n'y as rencontré que la sécheresse. Ce que je te propose de faire, c'est d'y rester. Et comme une barque qui petit à petit va glisser un peu plus loin, ton esprit aussi va aller un peu plus loin, jusqu'à l'endroit où le coeur est vivant.
Il y a dans le coeur spirituel un tout petit point qui palpite et qui est l'endroit depuis lequel toute l'énergie va peu à peu se répandre dans l'entier du coeur.
Donc assieds-toi, calmement, ne prémédite rien, n'espère rien, mais fais un calme absolu.
Si tu veux pratiquer un exercice et utiliser un outil, n'utilise que celui-là : le calme absolu.
Plus que les mantras, plus que des postures, plus que des formes-pensées ou des projections de couleurs, développe le calme absolu.
Développer le calme absolu
Installe-toi en lui et laisse passer le temps.
En le laissant passer, ton esprit va aussi passer une étape.
Et tu vas aboutir à cet endroit où d'un seul coup tu vas sentir une vie, où tu vas prendre contact avec une énergie et dès que tu la sens, là, installe-toi avec volonté et dirige ta méditation. Crée-la véritablement. Tu as accès à cette intention.
Ce qui veut dire que pendant bien longtemps, ta méditation ne sera qu'un entraînement au silence. Et c'est très bien. Ne sois pas déçu. C'est très bien !
Comment t'entraîner à ce silence ?
Tu t'apercevras que pour maintenir ce calme, il va falloir maintenir la pensée. Et que la pensée aura tôt fait de s'agiter et de t'agiter.
Alors je te propose une chose très simple. Pour maintenir ton calme et passer l'étape, écoute ton souffle. Respire avec ton souffle. Ne fais pas forcément un exercice respiratoire. Je dis : écoute ton souffle. Observe ton souffle et respire avec ton souffle. Et que toute ta pensée soit occupée à cela. Et tu verras à quel point il est facile d'arriver jusqu'à ce petit point du cœur où l'énergie demeure et où elle va se réveiller.
Si tu ne peux pas pratiquer ce calme, tu seras toujours en résonance avec la partie de ton cœur qui n'est pas encore réveillée, qui est sec. Ton cœur est sec, je le sais, mais ce n'est qu'une écorce !
Donc ce que je te propose, c'est que quelle que soit la nature de ta vie, quelle que soit ta mission sur la Terre, ou quelles que soient les interrogations philosophiques qui t'assaillent, ton degré initiatique, ton seul intérêt doit être porté vers cette écoute du souffle.
N'imagine pas être un disciple, être un initié ; n'imagine pas pouvoir réussir ta méditation ; n'imagine même pas que la méditation existe. Beaucoup de gens ont pris l'habitude de penser : il y a la vie et il y a la méditation. Et on devrait se demander : “Tiens, mais pourquoi le seul moyen d'aller vers Dieu, c'est la méditation ? Pourquoi est-ce que la méditation est tipée comme elle l'est ?”
La méditation
Qu'est-ce que la méditation ? Et c'est embêtant la méditation car il s'agit d'arrêter un peu de vivre en fait. C'est ce qui fait qu'on ne l'aime pas.
Et c'est parce que tu imagines que tu as de nouveau déterminé et typifié la méditation, et tu l'as appelée, d'ailleurs, méditation au lieu de parler de la vie, de la rencontre avec la vie. De nouveau, tu imagines qu'il y a la nécessité d'arrêter d'être toi-même, d'être l'homme, d'être ses plaisirs, d'être le mouvement de la vie. Alors que la plus grande méditation se fait les yeux ouverts au milieu des enfants qui jouent et en jouant avec eux.
Parce que la méditation est le sentiment - non pas affectif celui-là - mais la perception d'être complètement Un avec les autres, avec la joie des autres et avec le Monde.
La méditation est le sentiment, la perception d'être complètement Un avec les autres, avec la joie des autres et avec le Monde.
La méditation, ce n'est pas une technique pour avoir accès à des plans de conscience que l'on va de nouveau, de façon erronée, appeler “plans supérieurs”, puis plus loin, si on a de la chance d'entrer en contact avec les Maîtres et Dieu. Si l'on médite, c'est pour petit à petit apprendre à ne plus être une individualité, apprendre à désolidariser cet œil qui regarde toujours son ombril, sa matière, son existence, son identité, à agrandir son angle de vue, à en faire une perception et ainsi trouver le sens de l'Unité.
Il ne s'agit donc pas d'apprendre à aller sur des plans de conscience supérieurs. Je sais qu'on vous parle de la sorte, je ne veux pas dire que c'est faux, mais je regrette profondément que par ces mots, par ces structures, par ces enseignements, vous érigiez un univers complètement faux. Vous visualisez un destin complètement faux et vous imaginez des efforts complètement inutiles, parce que faux. Pas étonnant donc que vous n'y arriviez pas !
La méditation n'est pas un acte particulier, hautement spirituel, technique, c'est tout simplement un pas. Se défaire de l'individu, de l'individualité, de l'individualisme, de l'égocentrisme donc, pour rejoindre l'Unité.
Qu'est-ce que je veux dire par Unité ?
L'Unité
Eh bien, je veux dire se rendre compte que l'on est sans limite.
Se replacer dans cette conscience qui est tout, qui est la source de toute expression à travers tous les règnes et qui manifeste même mon expression présente, qui guide même mes mots, qui fait la nécessité de notre rencontre, parce que cette conscience se voit telle qu'elle est, embrouillée, emmêlée, retenue dans des règnes, dans des principes inférieurs. Et elle essaye, grâce à ceux un peu plus avancés qui sont ses formes plus libres, elle essaye de défaire la prison des autres.
En fait, ce n'est pas moi qui parle. Je ne peux pas dire même que j'existe ! Ce serait une erreur de le penser et je m'en garderai bien. Il suffirait que je me mette à penser “j'existe” pour que, d'un seul coup, je retombe dans une matière encore plus lourde que celle que vous connaissez car une erreur se paye très cher.
Ce qui veut dire que, sitôt que je pense “je” et “j'existe”, je me cristallise et je finis, c'est vrai, par exister parce que l'énergie obéit à la volonté, à la pensée et à la direction de la pensée.
L'énergie obéit à la volonté, à la pensée et à la direction de la pensée.
Si je pense que je n'existe pas, alors je n'ai pas de limite.
Et vous allez me dire : “Comment arriver à penser : je n'existe pas ?”
Et vous apercevez que votre activité mentale est incapable de le penser.
“Je n'existe pas.” Cela n'a aucune réalité. C'est comme si je disais : “Écoutez le bruit du silence ou le silence du bruit”, c'est une aberration. “Regardez cette lumière obscure”, c'est une aberration ! C'est une contradiction. Et à ce moment-là, le cerveau ne peut plus interpréter, il disjoncte. Et il vous renvoie l'information : impossible, impossible, impossible !
Comment faire alors ?
Comment arriver à penser “je n'existe pas” ?
Et bien, comme je l'ai dit tout à l'heure, on va le penser avec un cerveau beaucoup plus compétent que celui qui est logique et que celui qui ne peut pas imaginer une lumière obscure.
Il faut faire appel à l'intelligence du cœur, à la perception du cœur.
Donc, de nouveau, rentrer dans la méditation, dans ce profond silence maintenu suffisamment pour aboutir à la caverne du cœur. Où là, toutes les contradictions s'expliquent. Où on les voit comme n'étant pas du tout, d'ailleurs, des contradictions, mais comme des équilibres. Tout ce qui aujourd'hui vous apparaît contradictoire est en fait un équilibre.
Tout ce qui aujourd'hui vous apparaît contradictoire est en fait un équilibre.
Vous allez me dire : “Voilà une chose bien étrange. Comment est-ce qu'un équilibre peut reposer sur ce qui m'apparaît être contradictoire ? Cela devrait s'écrouler car l'équilibre est une chose juste, une chose logique. Je suis heureux parce que je suis en bonne santé ou parce que je suis aimé et que j'aime, parce que j'ai réussi ma profession, parce que je n'ai pas de souci d'argent, etc. Mais comment concevoir un disciple heureux de ne pas avoir d'argent, heureux d'être malade, heureux d'être proche de sa mort ?”
C'est effarant et pourtant, cela existe.
Aucun disciple avancé ne voudrait posséder de l'argent. Non pas que cela est mal, non pas que cela est inférieur, pas du tout, mais il faut s'en occuper. C'est là le seul problème, le seul ennui, mais il faut s'en occuper. Aucun disciple ne voudrait vivre trop longtemps, non pas que cela est inférieur parce que ce n'est que de la vie physique et matérielle, mais tout simplement parce que l'on se prive de plus grands plaisirs, des plaisirs qui sont là-haut, de l'autre côté. Alors, en fait, on pourrait penser, et on a parfaitement raison, que le disciple avancé est un grand jouisseur. Eh oui, c'est un très grand jouisseur ! Car il connaît le sens du vrai plaisir, il a eu le goût du vrai plaisir, le plaisir de la Liberté ! Grande Liberté !
Et cette liberté, il l'a conquise petit à petit, en n'ayant plus peur.
Et il a défait petit à petit cette peur en comblant l'absence, donc en allant régulièrement dans la caverne du coeur et en y développant cette énergie.
Donc, je dirais que votre difficulté, mais en même temps votre destin, puisque c'est la question qui m'était posée. Et remarquez que j'ai mis ces deux mots côte à côte : votre difficulté, donc votre destin.
Le Destin et le Chevalier
Et vous allez sans doute soupirer, parce que l'homme se veut un destin de bonheur, d'aisance, de certitude, de partage avec les Maîtres. “Tiens, si on faisait une patinoire à Shambhala pour qu'on patine tous ensemble, les Maîtres et nous, heureux !” On le fera, ne vous inquiétez pas, on le fera, mais après, quand vous n'aurez plus peur !
Donc, je dirais que votre destin, puisque vous tenez à ce que je vous en parle, votre destin est constitué par vos difficultés.
Votre destin est constitué par vos difficultés.
Et votre destin est de surmonter ces difficultés. Votre mission est de surmonter cette peur, de la voir, de la laisser à sa place et d'aller chercher en vous le seul qui n'a pas peur, qui est le chevalier vaillant et qui a toutes les armes pour vaincre ce dragon terrible.
Et si les Maîtres ou les Guides ou Shambhala ou la Loge de Sirius ou peu importe qui vous allez imaginer, si un guide a une importance quelconque, un rôle quelconque, c'est uniquement de vous dire : “Tais-toi et médite !”
En fait, tout l'enseignement que nous pourrions distribuer est utile et aussi inutile. Il est bon et mauvais. Parce que si vous le comprenez mal, vous allez immédiatement fabriquer votre mort, votre limite, votre prison et des peurs supplémentaires. Car en plus de la peur de mourir, j'ai la peur de ne pas être un initié, j'ai la peur de rater mon initiation. Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu ! Alors vite, je me renseigne sur ce qui fait réussir l'initiation ! Et voilà que le chemin a été prévu pour que l'on se libère et qu'au contraire, l'on s'emprisonne de plus en plus. Alors arrêtez cet ésotérisme-là ! Parce qu'il est plutôt du terrorisme celui-là.
Si un enseignement vous est donné, c'est pour non pas même penser ou apprendre à penser juste, bien que cela soit utile, mais c'est plutôt pour vous occuper un moment en attendant que vous ayez fait la grande découverte. La découverte de ce chevalier vaillant dans le cœur qui lui va vous emmener vers tous les vrais livres.
Vous croyez posséder des vrais livres qui racontent quelque chose de vrai ou d'à peu près vrai ou même d'utile ? Mais non ! Les vraies bibliothèques, les vraies librairies ne sont pas sur la Terre, certainement pas ! Mais tu as raison de le dire et de le penser. La vraie bibliothèque, il n'y en a qu'une, elle est à Shambhala. Et tout le monde a le droit de venir s'y instruire, tout le monde a le droit de venir lire. Et voilà, il faut pouvoir aller à Shambhala. Et comment est-ce que l'on va à Shambhala ? J'utilise Shambhala parce que comme cela, tout le monde me comprend. Parlons simplement du Royaume, du Pays d'en haut. Comment y va-t-on ?
En n'ayant plus peur !
Qu'est-ce que c'est donc qui vous maintient dans cette Matière ? Et non pas simplement dans la Matière, mais dans la Matière obscure parce que la Matière peut être lumineuse.
Mais qu'est-ce que c'est qui vous maintient de manière obscure dans la Matière ?
Qu'est-ce que c'est qui vous maintient dans les malheurs ?
Qu'est-ce que c'est qui vous maintient dans vos limites ?
Toujours et encore la peur.
L'homme est une grande expression de peur et c'est pour cela que sans arrêt il cherche à se sécuriser.
Observez les structures de votre société. Observez les revendications que font les gens à leurs différents gouvernements. C'est toujours quelque chose de consécutif à la peur. On crée des assurances par la peur du lendemain. On crée la sécurité sociale par la peur de la maladie, du manque d'argent, du lendemain. On crée les caisses retraites par la peur du lendemain, comment l'on vivra quand on sera vieux et qu'on ne pourra plus travailler. On crée la prévention à propos de ceci, à propos de cela. Toute l'éducation d'ailleurs est fondée non pas sur le fait de rendre un individu intelligent, ce n'est pas l'intention qui est dans l'éducation. Toute l'éducation est fondée sur l'idée : “Tiens, cela est dangereux, alors je t'apprends comment ne pas risquer ce danger.”
L'éducation que donnent les parents n'est pas une éducation utile, enrichissante. C'est : “Attention, je te préviens. La vie est comme ceci, la vie est comme cela. Untel a fait ceci, untel a fait cela. Ce ne serait pas arrivé si un tel avait fait comme ceci ou comme cela. Si tu avais compris ceci, si tu avais compris cela.”
Et même à l'école, l'instruction n'est pas faite pour instruire ! On essaye de préparer, de conditionner des individus selon une certaine culture pour être porteurs de la société de demain, pour perpétuer la société de demain, parce qu'une société ne veut pas mourir et un président, plus que tout autre, ainsi que tous ses ministres, ils ont le devoir de perpétuer la société. Car on a peur de revenir à l'ère des cases bâties avec la terre cuite et la paille. On a peur d'en revenir aux pagnes. On ne peut pas s'imaginer être heureux en vivant de la sorte.
Quand vous allez prendre conscience de votre peur, vous verrez aussi la peur du monde et vous verrez à quel point même la guerre qui est l'endroit de la plus grande terreur jamais exprimée, de la plus grande horreur jamais exprimée, vous verrez que, cependant, cette même guerre naît à cause de la peur. J'ai peur de l'autre.
Un conquérant, un grand conquérant, qui est d'ailleurs un grand fou en même temps, n'a pas simplement le plaisir de conquérir parce qu'il veut un grand royaume, il a peur d'être petit et c'est ce qui fait qu'il aspire à conquérir et à être grand. On croit qu'un grand conquérant désire un grand pays. Non ! Il est terrorisé par sa petitesse et c'est pour cela que c'est un fou parce qu'il a tellement conscience de sa petitesse, de son étroitesse qu'il ne le supporte pas.
Alors, logiquement, il se met à créer un second personnage, fait tout d'orgueil et de vanité, très sûr de son importance et de sa grandeur. Et voilà qu'à l'intérieur de cet homme, ces deux personnages vont rentrer en conflit. Et pour se débarrasser de ce conflit, il va essayer de conquérir les autres. Et il va faire la guerre pour cela.
Mais il y a différentes guerres parce que différentes petitesse. Il y a celui qui considère surtout la petitesse personnelle. Celui-là est le grand conquérant des pères. Il y a celui qui considère surtout la petitesse financière. Celui-là est le grand conquérant des marchés, grand créateur de grandes entreprises qui avalent tout, tous les pays et même l'identité des hommes. Et puis, il y a celui qui a peur de sa petitesse intellectuelle, culturelle. Alors, il devient - et excusez-moi de le dire et il n'y a aucun reproche dans mes mots, c'est un simple constat - il devient un grand professeur. Et généralement, les grands chercheurs, les grands professeurs sont davantage convaincus de leur petitesse que de leur grandeur. Et c'est pour ça qu'ils cherchent ! Et ils sont animés dans leur quête par la peur.
Et s'ils n'avaient plus peur, ils trouveraient. Eh oui ! Ils trouveraient dix fois plus vite car leur intuition serait libérée. Ils comprendraient très vite un problème. Et ce problème qui exprime une nécessité montre en même temps ce qu'il faut pour soigner.
N'aie pas peur !
Alors, quoi que tu veuilles faire ?
Que ce soit pour instruire les hommes ou tes enfants. Que ce soit pour soigner les hommes. Que ce soit pour guider le monde de manière politique ou simplement au niveau local, par la mairie où tu te trouves. Chaque fois que tu veux changer quelque chose, qui te pose un mystère, une énigme. Ne pense pas à développer beaucoup d'énergie pour arriver à trouver, à trouver. Fais le calme absolu, enlève toute la peur du monde ! Et surtout, bien sûr, avant tout ta propre peur. Et tu verras que toutes les énigmes comportent la réponse.
Toutes les énigmes comportent la réponse.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que si en marchant sur une plage, j'appuie très fortement mon pied dans le sable, je crée une empreinte. Je peux penser que c'est un vide, mais je peux y voir aussi une trace, une empreinte.
Si je suis petit, étroit, rempli de peur, je dis : “C'est un vide, mon Dieu, mon Dieu, il ne faut pas que j'y tombe !” Je ne suis même plus à même de considérer que ce n'est qu'un vide de 2 millimètres ou d'un centimètre. C'est un vide et tous les vides me font peur.
En disant que si je suis un homme détaché de mes peurs, de ma peur aussi fondamentale et que je comprends la grande peur du monde, alors j'y vois au contraire une empreinte. Et je sais la lire. L'empreinte a une forme, l'empreinte pointe une direction. Je dois peut-être aller dans cette direction et je trouve, je trouve ! Ensuite, il n'empêche que je doive être patient pour voir exactement le contour, détailler le contour, détailler la direction. Mais ce n'est plus de la recherche c'est de la découverte.
Cela m'a toujours frappé, dans les secteurs de la science, de quelle manière ils qualifient ce qui est justement, ils appellent, la recherche : la recherche contre ceci, la recherche contre cela. Un laboratoire ne s'appelle pas la découverte. La découverte, c'est ce qui arrive, c'est le phénomène qui s'y passe, si on a de la chance, et surtout si on a assez d'argent pour continuer les opérations et les manipulations.
Le jour où les hommes changeront le nom de leur laboratoire et au lieu d'appeler cela centre de recherche, ils l'appelleront centre de découverte, à ce moment-là, une lumière plus grande viendra sur eux et les aidera.
Et ils penseront que c'est vrai, enfin, maintenant, Dieu est avec nous depuis le temps qu'on lui tire la robe à celui-là, il a fini par descendre !
Centre de découverte.
Et avec toi, c'est la même chose ! Lorsque tu te regardes dans la glace, tu vois un porte-manteau en travers d'un grand point d'interrogation. Je suis mon centre de recherche. Je me cherche, je me cherche et je ne me suis pas encore trouvé. Je suis à la recherche de moi-même. Et je cherche avec les autres qui cherchent aussi et qui crient : “Nous cherchons, nous cherchons !” Et ils vont chercher auprès de celui qui disent, qu'ils disent avoir trouvé.
“Tiens, celui-là, il a trouvé ! Il est calme, il a la lumière dans le regard. Il parle des paroles justes. Il a trouvé.” Ils arrivent en groupe, très serrés, remplis d'amour, de dévotion, d'aspiration. “Maître, enseigne-nous à propos de ce que tu as trouvé !” Si le Maître est de bonne humeur et s'il accepte la plaisanterie - car l'enseignement est une vaste plaisanterie - il parlera un petit peu mais qu'est-ce qu'il rejaillira ? Il rejaillira de la situation une grande incommunicabilité. Il parle et les autres ne comprennent pas.
Alors les autres reposent des questions et vous revenez vers moi. Et en reposant les questions, le Maître essaye une nouvelle formule, une nouvelle histoire, peut-être même une nouvelle technique. Et puis un beau jour, à force d'avoir répété 10 fois la même chose sous différentes formes, il va utiliser le bâton et on se dira : “Mais ce n'est pas possible ! Voilà un Maître qui bat, voilà un Maître nerveux. Ce n'est pas un Maître, on s'est trompé, il n'a pas trouvé.” Et voilà le groupe qui s'en va. Le bâton était cependant la seule solution. Mais on ne pouvait pas vous administrer du bâton dès le début. La plaisanterie n'aurait pas pu avoir lieu. Dommage ! Car même pour celui qui a trouvé, plaisanter reste une bonne activité ! Nous avons besoin de rire, nous aussi, autant que vous ! Parce que nous sommes vivants, autant que vous, c'est certain.
Donc, dans votre démarche, ne vous pensez plus comme étant l'endroit de recherche, l'énigme qu'il faut combler, l'énigme qui doit se supporter en tant que telle et essayer des techniques, des formules pour trouver la solution.
Comment supporter alors l'affirmation des sages qui vous diront : mais tu es déjà la solution ?
La pensée concrète
De nouveau, la pensée concrète va traiter l'information et dire : “Lumière obscure, lumière obscure. Cela ne se peut pas, impossible. Il y a forcément un mystère dans ce qu'il vient de dire. C'est forcément un centre de recherche, ce qu'il vient de dire !” et à force d'imaginer des centres de recherche partout, partout, partout, eh bien, même les mots de vérité deviennent des endroits d'enquête approfondie et très ciselés.
Et voilà les spécialistes de l'interrogation et de la recherche ésotérique qui essayent de découper le mystère qu'il y avait dans la parole de Jésus, parole énigmatique, ou le mystère qu'il y avait dans la parole de Koot Humi ou de Morya ou de Moïse ou de tous les autres, ou même le mystère alors encore plus grand qu'il y a dans le silence de Dieu !
Ça c'est l'ultime centre de recherche ! Pourquoi Dieu est silencieux ? Petit A, petit B, chapitre, sous-chapitre, introduction, développement, conclusion qui redonne finalement la place au silence.
Alors pourquoi avoir fait tant de bruit dans ce silence ?
Pourquoi faire des centres de recherche sans arrêt ?
Ce que je veux vous faire comprendre, c'est que ce qui vous pousse à penser ce mot “recherche”, ce qui vous pousse à habiller ce mot en plus d'une émotion, aspiration, ce qui vous pousse à cela, c'est encore une fois la pensée concrète. Ce n'est pas la Quête. Ce n'est pas Dieu qui vous chatouille et qui vous pousse. C'est la pensée qui s'interroge sur Dieu, sur elle-même, avec ses propres moyens.
“Tiens, moi, la pensée, je m'interroge. Je m'interroge à propos de moi et je vais penser quant à ma nature, ce qu'elle peut être.”
Je voudrais vous faire comprendre cet égocentrisme puissant et dévastateur de la pensée concrète. La pensée n'a pas besoin de se connaître elle-même. Elle n'est qu'une fonction. Par contre, quelqu'un d'autre doit la connaître. Ça oui et c'est vous, vous-même, l'Être Véritable que vous êtes.
Celui-là doit apprendre par la rencontre avec ses différents plans, doit apprendre la nature des outils qu'il a à disposition. Il doit savoir comment cela fonctionne. Mais tout au contraire d'apprendre cela depuis l'endroit où l'être existe, vous laissez tous ces outils, tous ces principes vous dire qui vous êtes alors qu'ils ne peuvent pas.
Alors, est-ce que enfin le véritable expérimentateur va arriver pour expérimenter ?
Expérimenter
Je vous le demande ! Je vous le demande et je le souhaite pour vous.
Faites en sorte que le véritable expérimentateur expérimente !
Faites en sorte que le véritable expérimentateur expérimente !
Cela veut dire que vous allez commencer votre journée en découvrant en vous le point d'existence de façon à ce que toute la journée soit vécue par ce point d'existence et ne soit pas vécue par les outils et que ce ne soit pas les outils qui vous déterminent, qui vous raconte chacun sa petite histoire. “Mon Dieu, mais si tu ne te maries pas, qu'est-ce que tu vas être malheureux ! Moi, qui suis le sentiment, je ne vais pas pouvoir vivre sans fusionner avec l'âme sœur, sans fusionner avec l'épouse, l'époux, l'amant, la maîtresse, les enfants, Dieu !” Et voilà que le sentiment vous dit : “Marie-toi ! Va à l'église ! Fais des enfants !” Et ceci non pas pour aimer une femme ou aimer un homme et servir des âmes en leur prétendant des corps, mais égoïstement pour que le sentiment soit sentimental et ait sa dose de plaisir, sa dose de vie.
Ne laissez pas ces outils vous dire ce que vous devez faire, vous dire ce que vous devez vivre, comment vous devez le vivre.
Vous allez me dire : “Mais cependant, la vie a commencé comme cela et essayer de vivre autrement serait un grand effort !”
Tu peux considérer cela comme un effort ou comme la cessation de ta folie, le premier pas vers ta liberté.
Est-ce que cela te coûte de devenir libre ?
Sans doute ! Oui, sans doute ! Je te crois. Cela m'a coûté aussi. Chaque pas m'a coûté énormément ! Il faut voir tous les justificatifs que je me trouvais et que je venais plaider auprès de mon Maître qui m'écoutait patiemment, doctrement, gentiment... En ne m'écoutant pas d'ailleurs car il savait que je n'étais même pas sincère vis-à-vis de moi-même, mais que j'essayais d'oublier ma peur, tout simplement. Et je lui faisais de très longs exposés : “Mais je ne peux pas faire ça parce que, vois-tu, la nature veut ceci ou le monde veut cela. Et puis ce n'est peut-être pas encore tout à fait le moment parce qu'il y a encore ceci, mes responsabilités avec cela, etc.”
Et le Maître, hochait toujours la tête. Il disait : “Oui, c'est sûr, tu dois avoir raison. Oh oui, mon pauvre enfant, oui, mon pauvre fils ! Mon Dieu, que ta vie doit être misérable !” Et cependant, je ne voyais aucun amour, aucune compassion. Il disait cela un peu comme pour se moquer de moi, pour me montrer à quel point c'était ridicule et inutile. Et à force de voir que dans son œil, il n'y avait pas d'amour, parce que ce n'était pas la vraie souffrance que j'exprimais, alors j'ai compris que je ne faisais que plaisanter, me tromper et un beau jour, j'ai abandonné tous mes justificatifs. Et, sans même avoir fait ni une méditation spéciale, ni réciter un mantra puissant qui m'aurait été donné par le Seigneur et Maître de Shambhala, voilà qu'un beau jour, sur le tas de terre où je me trouvais, et où d'habitude ne viennent me visiter que les fourmis et quelques cancrelats fidèles, voilà que j'ai tout compris. Eh oui ! Ce n'est pas dans le cœur des églises que j'ai compris. Ce n'est pas non plus dans le cœur des synagogues que j'ai compris. Ce n'est pas au bout milieu du [...] que j'ai compris. Ce n'est pas non plus en écoutant religieusement son enseignement que j'ai compris.
C'est lorsque, tout simplement, un beau jour, j'ai arrêté d'être les différents masques, j'ai arrêté d'être les différents clowns qui étaient en moi. Je les ai vus comme n'étant que des clowns et ils n'avaient plus d'intérêt. Et automatiquement, l'Existence est apparue. C'est automatique !
Est-ce que je l'ai développé ? Est-ce que je l'ai créé ?
On parle souvent, pour qualifier la spiritualité, la voie spirituelle, de “développement spirituel”. Est-ce que je l'ai développé ?
Je peux dire oui, car il m'a fallu faire des choses. Il m'a fallu conquérir certaines choses. Et très sûrement, je vais dire : non ! Parce que je n'ai rien créé. Tout existait déjà.
Dieu était déjà là, ou la Conscience, si vous préférez. Elle était déjà là, intacte, magnifique, régnante, absolue, je n'ai pas eu besoin de La créer !
Par contre, je lui ai été utile pendant tout ce cycle, tous ces âges où j'ai cru à ces masques, où je les ai animés, composés, ciselés. Car des fois, j'étais un peu artiste, décorateur et je faisais des jolis masques avec des belles couleurs, des petites fleurs, des fois même quelques diamants. Car il y a des beaux masques, il y a parfois de belles personnalités, c'est certain ! Donc, tous ces masques ont été utiles, utiles au sens où je me suis servi de l'un pour regarder l'autre et le briser. Puis, je me suis servi d'un autre pour en regarder un autre et le briser. Si les masques ont un rôle, c'est celui-là.
Ils servent de miroir pour voir d'autres miroirs et ils les éclatent. Et cela ne veut pas dire qu'ils ont le pouvoir de fabriquer Dieu, de fabriquer l'initiation. Mais non !
Bien sûr, il y a, il est vrai, des volontés particulières à appliquer pour que par exemple, une méditation soit plus performante qu'une autre, pour qu'un état de conscience soit plus accessible, que l'on s'y maintienne plus longtemps qu'à une autre époque. Mais cela ne veut pas dire que nous créons l'état de conscience, que nous créons la Divinité. Elle est là, un point, c'est tout !
Alors, ce que je vous propose, c'est tout de suite, maintenant, comme un grand éclat de rire, comme une grande plaisanterie que l'on se jouerait vous et moi, laissez tomber ces masques, ces argiles, même s'ils sont bien décorés, même s'il y a des jolies fleurs dedans, même si on aime une certaine qualité. On laisse tomber !
Laisser tomber les masques
Comment on va s'y prendre ?
Quelle attitude intérieure, je vous demande, puisque il va falloir que je vous inspire.
Comment est-ce qu'on lâche ?
Et qu'est-ce que l'on lâche ?
Quand je vous dis : “Lâchez !”, vous voulez bien me suivre, vous me dites “ Mais... Lâcher quoi ?” Autrement dit, la question est : “Qu'est-ce que je suis en train de tenir ? Je voudrais pouvoir identifier ce que je suis en train de tenir, alors je vais pouvoir le lâcher.”
Et toute la difficulté, toute l'incommunicabilité qu'il y a, encore une fois, entre le Guide et celui qui écoute, même si son cœur est rempli d'intention, l'intention de me suivre, de m'écouter, de m'obéir... Toute ma difficulté va être d'arriver à te faire comprendre ce que tu tiens, parce que, vois-tu, ce que tu tiens est tellement illusoire et inexistant, comment veux-tu que j'explique l'inexistence ?
Inexistance
Comment veux-tu qu'encore une fois je te dise : “L'obscurité de la lumière ?” Difficile, n'est-ce pas ? Mets-toi à ma place. Tu voudrais bien y être, hein ?
Cependant, dans ces moments-là, je voudrais quitter ma place, car il faut que je te fasse sentir et cependant, c'est bien difficile. Car, vois-tu, tu es en train d'agripper, tu es en train de te maintenir et de t'accrocher à des inexistences.
Tu as peur, mais la peur n'existe qu'en tant que phénomène en toi. Ce n'est pas quelque chose qui existe dans l'univers et qui est une force, qui est une énergie. Si cela était ainsi, mon Dieu, quel bonheur ! Cela irait plus vite ! On aurait qu'à aller terrasser le dragon, il serait quelque part, il ressemblerait à quelque chose, on irait le cueillir et ensemble, on le tuerait ! Ce serait facile. Mais ce n'est pas le cas.
La peur est un phénomène. La peur, c'est toi qui la crée. Et je ne te le reproche pas, pas du tout !
C'est un accident qui arrive lorsque on est humain et que l'on est dans le piège de la pensée et des émotions et que l'on n'entend plus très bien la voix de Dieu. Donc, je dirais qu'avoir peur fait partie des étapes sur le chemin, des étapes même de la vie de Dieu puisque tu n'es même pas toi-même ! Tu es Dieu.
Et en ce moment, c'est Dieu qui est habité par la peur. Ce n'est pas toi qui as peur. C'est Dieu qui est embêté, enchevêtré dans ce phénomène ! Et il ne peut en sortir que par ta collaboration, car c'est toi le chevalier vaillant !
Bien sûr, tu n'as pas encore tes armes parce que tu n'as pas encore trouvé l'énergie du cœur.
Les armes
Mais petit à petit, tu vas la conquérir. Petit à petit, que ce soit parce que tu te souviendras de mes mots ou simplement parce que tu vas écouter la vie et tu vas laisser la vie t'initier et tu vas grandir avec son mouvement, eh bien, tu obtiendras les armes.
Et chaque fois, tu rencontreras les mêmes armes, insoupçonnables. Et tu te diras : “Zut, mais je n'y avais pas pensé ! Mais comment est-ce que cette arme peut être si puissante ? C'était insoupçonnable !”
Quelle arme ?
Allez, vas-y, réfléchis !
Parce que si je ne te laisse pas réfléchir un petit peu, tu vas t'endormir. Alors, réfléchis ! Comme cela, tu te réveilles. Car c'est l'endroit où tu es le plus réveillé ! Je te comprends. C'est un peu comme laisser les enfants aller jouer dans la cour, au ballon ou à la marelle. Allez, réfléchis !
Quelle est cette arme ?
Elle est insoupçonnable à cause de sa nature.
Tu ne pouvais pas imaginer que cela serait si fort.
Cela ne te donne pas une idée ?
Allez, trouve !
Ce n'est pas la force. Parce que la force, on peut soupçonner qu'elle arrive à défaire tous les mirages, à défaire la peur, à être l'arme absolue.
Donc c'est quoi ?
Qu'est-ce que tu trouves juste en face de la force ?
Je veux l'entendre.
Dis-le !
Je veux l'entendre !
Allez, dis-le ! Allez, saute à l'eau !
N'aie pas peur ! Ne vois-tu pas que je te propose de ne plus avoir peur ? Et voilà que tu as peur des autres !
Tu veux faire des exercices pratiques et pour une fois que je t'en propose un, voilà que tu le refuses !
Qu'est-ce que tu vas trouver juste en face de l'Amour ?
Eh oui. De l'Amour. Tout simplement de l'Amour.
L'Amour
Cette arme absolue, insoupçonnable parce que comment imaginer que l'Amour puisse être une énergie de combat, une énergie qui va défaire les mirages, les masques, les miroirs, l'obscurité. Et c'est là que l'on s'aperçoit qu'on ne sait pas ce qu'est l'Amour.
Et c'est la question que tu m'envoies. “Mais alors, qu'est-ce que l'Amour ? Ce n'est sans doute pas ce que j'imagine !”
Encore une fois, il me serait difficile de t'expliquer ce qu'est l'Amour parce que c'est encore une histoire de lumière obscure, en tout cas, pour ta pensée concrète. Tandis que c'est une histoire de pleine lumière pour ton cœur, qui cependant, bien que tu ne le saches pas, que tu ne le ressentes pas est à mon écoute.
C'est ce qui est intéressant dans le fait de travailler hors incarnation. C'est que l'on a un accès ainsi à plusieurs niveaux de la personne. Le fait que je ne sois pas incarné me permet de disposer de certaines énergies. Elle me permet d'être en communication avec d'autres plans de vous-même. Chose que je ne pourrais pas faire si j'existais dans un corps.
Donc, ton cœur étant maintenant à l'écoute puisqu'il a entendu qu'on l'appelle. “Tiens, on a parlé de moi. Je vais sortir un petit peu mon nez pour voir ce qu'il va s'en dire !”
Qu'est-ce que l'Amour ?
D'abord, essaye par le calme de rentrer dans l'amour que tu connais le mieux aujourd'hui. Quelle est l'expression d'amour dont tu es le mieux capable ?
Identifie bien cette expression.
On ressent l'amour dont tu es le mieux capable pour la nature, la musique, l'être que tu aimes, que tu aimes le plus au monde : Dieu, ton âme, tes enfants, ton mari, ta femme, tes amis...
Volià ! Reprends connaissance, expérimente, vis-le complètement ce sentiment.
Ferme tes yeux et plonge-toi en lui !
Plus loin que lui, si tu veux me suivre un petit peu, imagine la mort.
Qu'est-ce que tu sens ?
La chute d'un seul coup !
La chute absolue ! Plus rien n'existe. C'est l'abîme, c'est le noir !
Tout l'amour que je viens de vivre, que je viens d'imaginer, les êtres auxquels j'ai pensé pour ressentir cet amour, tout cela s'annule !
Reste calme !
Passe le pont !
Passe ce silence !
Passe cet abîme !
Franchis-le comme un abîme véritable.
Visualise...
Visualise que tu marches sur un pont, par-dessus cet abîme, qui est la mort de toutes les expressions ou les causes de ton amour. La mort ! La mort de tout cela !
Marche !
N'essaye pas d'imaginer ce qu'il va y avoir au bout. Laisse-moi te le dire. Marche simplement sur ce pont. Et ressens la mort, la fin, la fin !
Maintenant, mets le pied sur l'herbe verte d'une vaste prairie. N'imagine pas autre chose ! Suis-moi ! Marche dans cette vaste prairie.
Vois le ciel immense !
Des montagnes au loin immenses !
Et vois soudainement tous ceux que tu croyais morts être vivants et s'amuser !
Est-ce que maintenant tu ressens un amour différent ?
Normalement, si tu as bien éprouvé et ressenti la mort et si tu as bien lâché toutes les fins dans cette mort, l'amour que tu as pour les êtres que tu aimes doit être différent.
Lorsque l'on dépasse le stade, l'impression, l'angoisse de la mort et de la perte qu'il y a par la mort, tu découvres le Véritable Amour.
Et tu t'aperçois de quoi ? Eh bien, tu t'aperçois que au-delà d'un sentiment absolu, c'est avant tout le partage de l'éternité, le sentiment d'une grande unité. Non seulement nous sommes éternels et nous le savons, mais en plus nous sommes exactement de même nature et nous le savons.
Ce qui fait que il y a une différence entre l'amour humain et l'amour d'un initié, c'est que l'humain va aimer en déterminant ses affections. Et il va déterminer ses affections parce qu'il croit à la mort, notamment, mais il a peur aussi de l'autre, donc, il croit à la mort éventuelle du sentiment. Il y a l'amour du couple, mais on spécifie bien ce que va être l'amour du couple. Parce qu'en même temps que l'on va vers cet amour pour l'autre, pour le mari, pour l'épouse, on sait que l'on va vers des trahisons, des infidélités, des frustrations, des incompréhensions... Ce qui fait que, en ayant en conscience tout cela, l'amour grand et immense que l'on avait le premier jour ou à la première seconde se typifie. Il devient “l'amour du couple”. Et on peut le qualifier. C'est certain.
De la même manière, on va cloisonner “l'amour des enfants”.
Quel genre d'amour je dois apporter à mon enfant ? Je vais observer mon rôle, je vais observer sa nécessité. Puis, il y a de nouveau cette peur. L'enfant va grandir, il ne sera plus un enfant. Ce sera un homme, ce sera une femme. Il ou elle va partir, peut-être même m'abandonner parce qu'il y a des enfants ingrats. C'est certain ! Même si on les aura beaucoup aimés. Donc, on va l'aimer, mais on va aimer l'enfant. On ne va pas aimer tout simplement parce que ce grand amour que l'on soupçonne bien, on en soupçonne surtout - avant la nature - on en soupçonne le risque. Et voilà pourquoi on se replie derrière des typifications, des déterminismes. On se replie derrière des sécurités, en fait.
Je sais que je peux aimer dans le cadre du couple, dans le cadre de ma relation parentale avec l'enfant, dans le cadre de l'amitié, dans le cadre de la camaraderie, dans le cadre de la relation professionnelle, dans le cadre de la dévotion vers un Dieu, dans le cadre de la relation avec un Maître. Je sais que je peux aimer jusque-là, jusque-là, jusque-là, jusque-là, jusque-là... Et chaque fois, je vais mettre des bornes.
Ces bornes sont quoi ?
Je vais croire que les amours sont multiples, particuliers. Ces bornes sont en fait les points de sécurité.
Au-delà de cette borne, je ne sais plus si je vais être aimé de l'autre, si je vais être accepté. Et si je ne suis plus accepté, cela veut dire que je ne vais plus pouvoir aimer l'autre. “C'est impossible ! Aimer quelqu'un qui ne m'aime pas, ce n'est pas l'amour ! Parce que l'amour, je vais encore le déterminer, c'est l'échange.”
On dit beaucoup cela : “L'amour, c'est l'échange, c'est la fusion, c'est l'harmonie.” Et sitôt que l'on dit cela, on dit quelque chose de beau et qui n'est pas faux, mais qui n'est pas juste !
Si je dis “l'amour, c'est l'harmonie, c'est la fusion”, j'implique tout de suite que l'autre me connaisse, que l'autre m'accepte, que l'autre me comprenne, que l'autre soit m'ensemble et qu'ensemble en se regardant dans le blanc des yeux, jusqu'au profond du nombril, tellement l'on est pareil, on fusionne ! Donc on s'aime.
Le couple, la famille, l'enfant
Et regardez ce qui se passe dans les couples. Le temps fait son ouvrage, les épreuves aussi. L'un évolue à une certaine vitesse, l'autre peut-être un peu moins vite ou plus vite ou dans une autre direction. Plus de communication, plus d'amour. Crise de couple !
Et plus l'on va évoluer - et c'est ce qui se passe en ce moment dans notre société occidentale - plus l'on va évoluer puisqu'il y a une accélération en ce moment, et bien plus il va y avoir des crises de couple. Et moins l'on va aimer, en tout cas moins longtemps. Parce que je vais avoir compris ceci, parce qu'il aura compris cela, que nous ne sommes plus les mêmes, que nous ne pouvons plus nous rencontrer ni fusionner, alors on divorce.
Est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est mal ?
Ne me posez pas la question ! Je vous la renvoie.
Est-ce qu'il y a du bien, est-ce qu'il y a du mal ?
Voilà deux êtres qui évoluent et qui ne peuvent plus communiquer. Vous allez me dire : “Ah oui, mais est-ce qu'ils s'aimaient du Vrai Amour ?” Mais connais-tu le vrai amour ? Non ! Eux ne le connaissent pas non plus. Mais on ne peut pas les empêcher de continuer leur route qui va vers le Vrai Amour. Ça c'est certain !
Donc on ne pourra pas espérer une stabilité sociale par la stabilité du couple, la stabilité de la famille.
Et l'enfant va de plus en plus devoir être indépendant très vite et très tôt. Ce qui veut dire que la crise d'individualité qui se passait pour l'enfant normalement en première partie à partir de 14 ans, puis un peu plus tard vers 21 ans, cette crise d'individualité, de connaissance de soi, de cristallisation des forces pour pouvoir s'assumer et être responsable de soi, va se passer maintenant beaucoup plus tôt.
Dès 7 ans, les enfants vont démontrer une affirmation de soi assez époustouflante. C'est une sécurité, une sécurité pour l'enfant, pour son développement, mais aussi pour la société ! Car ainsi, elle peut se perpétuer, puisque les individus seront en état d'équilibre et d'épanouissement.
C'est en même temps une liberté qui est enfin donnée aux parents qui n'ont plus besoin de rester des années durant voire toute leur vie ensemble alors qu'ils se détestent !
On parle souvent du bonheur de l'enfant. C'est vrai que l'enfant a besoin de son père, de sa mère et de les voir ensemble mais le bonheur des parents aussi, il compte !
Alors entre ces deux bonheurs, quel choix doit-on faire ?
On choisit le bonheur du plus innocent, de l'enfant. Et ce n'est pas toujours le bon choix.
Je ne suis pas en train d'accepter le divorce et de crier très haut et fort que c'est très bien et qu'il faut divorcer à tour de bras ! Pas du tout !
Je voudrais vous faire comprendre qu'il y a des enfants de 7 ans peut-être plus mûrs que vous et capables de vivre le divorce d'une manière équilibrée, alors que vous-mêmes, vous n'arriverez peut-être pas à vivre votre divorce, vous allez peut-être être détruit par lui.
Parce qu'un divorce, ce n'est pas simplement un mariage qui finit. C'est toutes ces bornes, toutes ces sécurité qui d'un seul coup sautent ! Je dois refaire ma vie ! C'est-à-dire, je dois reposer toutes mes bornes, redéfinir mes sécurité. Et c'est d'ailleurs souvent à cause de cela que l'on préfère faire plaisir aux enfants et rester mariés.
En vérité, on ne peut pas espérer que les hommes restent fidèles les uns envers les autres. On ne peut pas espérer même qu'un disciple reste fidèle envers son Maître ou envers sa religion ou envers sa discipline spirituelle. On ne peut pas espérer que des époux soient fidèles, que des amants soient fidèles, qu'ils s'aiment toute leur vie. C'est impossible !
Mais comme la pensée raisonne, comme la pensée est logique, comme la pensée crée des points de sécurité, alors on se crée des contraintes. On exige la fidélité. On exige la discipline. Et on met Dieu dans la partie.
On ordonne aux nouveaux époux au nom de Dieu, et sous prétexte d'un serment qui ne peut être défait, puisqu'il est scellé par le Ciel, on ordonne aux époux d'être fidèles jusqu'à la fin des temps.
Il y a une certaine beauté en cela, c'est certain. Il faut commencer quelque part à inspirer au cœur de l'homme la Dignité, la Loyauté, la Responsabilité. Mais je vous en prie que ce soit bien ces mots-là qui soient employés au lieu de fidélité !
Il faut dire à l'homme, tu es responsable, il faut dire à la femme, tu es responsable. Responsable des sentiments, l'un pour l'autre. Responsable des finances, l'un pour l'autre, du toit, l'un pour l'autre. Êtes-vous prêts à cette responsabilité ?
Plus l'on a marié des gens en scellant leur fidélité et plus l'on a préfabriqué des divorces. C'est normal parce que on leur fait peur ! Et ils savent, l'homme sait très bien que cette fidélité lui est impossible. Il la voit comme une prison, pour une fois, il la ressent, la prison, véritablement. Alors, il devient très vite un menteur. Et ça, c'est dommage !
Le menteur
Car on peut lui reprocher de manquer de responsabilité, mais si on devient un menteur, c'est beaucoup plus grave.
C'est à ce moment-là que la nature du cœur est violée. Il ne faut pas être menteur.
Et il faut ne plus rêver. “C'est vrai. Je ne te serai pas fidèle. D'une quelconque manière, je ne sais pas de quelle manière, mais c'est certain, je ne te serai pas fidèle. Soyons forts !”
Et face au Maître, lorsque vous le priez, lorsque vous le suppliez, soyez de la même manière lucide, honnête.
“C'est vrai, je ne te serai pas fidèle, je vais te renier ! Je ne ferai pas tes exercices ! Pas autant que tu le voudrais, pas autant que tu vas me le recommander et je ferai même d'autres exercices que tu me déconseilleras, mais je les ferai quand même ! Mais je t'en prie, ne m'abandonne pas !”
Lorsque le disciple voit clair comme cela, en sa nature, en son cœur, dans ses intentions, il devient véritablement une nature que le Maître peut utiliser et façonner. Le Maître peut façonner un disciple qui est sincère. Le Maître ne peut pas façonner un disciple qui est un menteur. Et sincère, non pas dans l'amour que le disciple aura pour le Maître, mais sincère quant à ce qu'il sait de la nature humaine.
“Oui, c'est vrai. Je serai un traître. C'est normal ! Parce que je ne voudrais pas faire ceci, parce que je n'aimerais pas faire cela. Mais je n'en ai pas honte !”
Alors que le menteur a honte !
Pourquoi est-ce qu'il a honte ?
Il a honte tout simplement parce qu'il fait vivre une autre image de lui-même. Il l'impose. Et il faut absolument que cette image vive.
“Je suis un homme bien. Je suis un homme sérieux. Je suis une femme bien, une femme sérieuse.”
Donc, si un jour je risque de faire quelque chose qui n'est pas bien, il faut que je le cache ! Et si cela se sait, je ne vais pas simplement dire aux gens : eh bien, écoutez, mais c'est la vie et je vais vous expliquer pourquoi c'est la vie. Non, je ne vais pas parler de la sorte ! Je vais avoir honte. Je vais me cacher. Je vais essayer de dire à l'autre : “Mais regarde, toi aussi, tu fais des erreurs. Toi aussi, tu as cette laideur !”
Vis tes imperfections comme tu vis tes perfections !
Le jour où tu es capable de cette honnêteté, tu deviens un instrument facile et souple dans les doigts du Maître.
Les imperfections ne sont pas terribles. Tu moralises l'imperfection. Parce que tu vis par les masques. Et que tu imposes ces masques aux autres. Tu veux être beau, tu veux être intelligent, tu veux être renommé, tu veux être apprécié... Donc, il faut, pour cela, que je vive avec toutes mes qualités. Immédiatement, je vais faire de mes défauts des laideurs. Et immédiatement, je vais en faire des puissances !
Sitôt que je cache, je rends puissant. Eh oui ! Je rends puissant !
Sitôt que je cache, je rends puissant.
Alors qu'une imperfection montrée au grand jour - et je ne dis pas que tu dois jeter tes imperfections à la face de tout le monde, que tu dois faire supporter tes imperfections par tout le monde sans te soucier du poids que cela peut représenter, de la nuisance que ça peut faire - mais quand tu es capable de vivre tes imperfections au grand jour, elles n'ont plus de puissance sur toi.
Quand tu es capable de vivre tes imperfections au grand jour, elles n'ont plus de puissance sur toi.
Cela devient une expression qui, petit à petit, est travaillée avec amour par le chevalier qui est en toi, le chevalier vaillant.
Et celui-là, avec le temps, arrive non pas à faire d'une imperfection une perfection, mais il arrive à développer suffisamment ton intelligence pour que tu ne vives pas certaines énergies, certaines forces de manière imparfaite et maladroite. Et ainsi, tu t'aperçois que tout le règne de la pensée, où tu imaginais, où tu concevais le monde en blanc, en noir, en chaud, en froid, en imparfait et parfait, tout ce règne-là est illusoire. Et qu'il n'est en rien un moyen d'identifier le monde.
Et c'est pourquoi tu n'arrives pas à méditer, même si tu t'assois trois heures par jour sur ton coussin, même si tu t'assommes avec ton bol de riz en espérant que cela fera un son magnifique, plus puissant qu'un mantra ! Tu auras beau aller déterrer les os de tous les saints, en faire de la poudre, l'absorber et en faire des potages et des cataplasmes, tout cela n'arrivera pas à te donner l'énergie pour méditer. Pourquoi ?
Parce que tant que tu es prisonnier de la dualité, de la conception de la dualité, eh bien tu ne peux aller nulle part ! Tu es un duel perpétuel et tu te bats avec l'autre aspect de toi-même. Et tout occupé que tu es à ce combat, tu ne peux pas aller ailleurs ! C'est normal !
Tu ne peux pas entendre l'approche du Maître. Tu ne peux même pas t'arrêter une seconde pour recevoir ses soins. Tu te bats, il faut que tu te battes, “parce que la vie est un combat, parce que même la spiritualité est un combat ! Il y a les épreuves initiatiques, il y a le harcèlement de l'émotion ! Mon Dieu, quel travail !”
Quelle erreur ! Quel gâchis !
Je ne dis pas que tu as le droit d'exercer tous tes défauts. Je ne dis pas que tu as le droit de ne plus même considérer que les défauts existent. J'essaye de te montrer qu'une autre façon de penser est de ressentir de façon à ce que cela ne soit plus une prison et une limite, mais que cela dégage au contraire des occasions de travail.
Parce que voilà la grande différence entre un profane qui ne comprend rien et un disciple accompli. Pour le disciple accompli, il n'y a pas de duel, il n'y a pas de conflit, il y a du travail.
Et qu'est-ce que l'on voit ?
Dès que l'on pense au mot travail, à l'idée travail, on entend des grands soupirs et l'on voit toutes les épaules qui tombent ! Parce que la sœur de la peur, l'énergie incessante qui alimente la peur et on poursuit le phénomène...
Allez, on va jouer encore un peu aux devinettes avant que je vous quitte.
Quelle est cette sœur ?
Puisque j'ai parlé de travail, vous allez pouvoir deviner tout de suite. Allez, je veux l'entendre !
Allez, on saute, on saute, on n'a pas peur !
La paresse ! Eh oui.
La paresse
Et sous prétexte de s'aimer soi-même, parce que la paresse, c'est cela, c'est : “je m'aime tellement que je m'allonge et que je ne fais rien.” Sous prétexte de s'aimer soi-même passionnément, eh bien, on va donner de l'énergie au phénomène qui est la peur et on va tout au contraire se détester, se haïr profondément. Mon Dieu, quelle complexité !
Et pourtant, c'est vous. C'est votre profil psychologique de tous les jours. Je n'invente rien, je ne suis pas un grand psychologue ! Je suis simplement un sain observateur.
Vous pouvez devenir des grands psychologues, vous pouvez devenir des grands professeurs, des grands guérisseurs, des grands ceci, des grands cela par l'observation, uniquement l'observation. Eh oui !
La paresse.
Faisons un peu le tour de cette paresse, sans trop s'y allonger, ça lui ferait trop plaisir !
Qu'est-ce que la paresse ?
On va l'identifier palier par palier.
Premier niveau, la paresse, c'est : je n'ai pas envie de travailler. Le travail, c'est fatigant, le travail, c'est contraignant. Je reste à la maison et je ne fais rien.
Deuxième paresse : je n'ai pas envie de me prendre en main, de décider, de m'instruire, d'approfondir mes qualités, d'approfondir mes persévérances pour obtenir telle chose, fabriquer ceci, découvrir cela.
Troisième paresse, qui est d'ailleurs le sommeil absolu à ce moment-là : Je ne veux pas faire l'effort. Je ne dirais pas de comprendre Dieu, les énergies, les natures supérieures de tout ce qui existe. Je dirais simplement de s'y intéresser et de commencer à le soupçonner. Je ne veux pas faire cet effort. Pourquoi ?
Parce que cela me demande d'être radicalement autre chose que ce que je suis quotidiennement. Et ce que je suis quotidiennement, même si cela ne me plait pas, même si je le déteste, même si c'est rempli de souffrance, c'est au moins quelque chose que je sais, que je vois, que je touche ! Alors, je le garde.
Tu peux immédiatement trouver une dimension plus grande à ta vie, un espace plus grand dans ton cœur et irradier une énergie plus grande autour de toi, si tu acceptes de changer.
Qu'est-ce que cela veut dire changer ?
Changer
Cela ne veut pas dire : tiens, je vais expérimenter quelque chose, je vais avoir le bonheur de comprendre, je me prends en main et je m'impose un nouveau statut, ou je vis d'après de nouvelles valeurs. Cela peut apparaître comme étant cela et pour beaucoup, ce sera le seul moyen de changer, de se transformer, c'est vrai.
Mais il y a un autre moyen, plus radical, très applaudi par les Maîtres.
Je ne suis pas ce que je crois que je suis. Alors, je peux être en même temps tout à fait autre chose ! Alors, pourquoi pas un disciple ?
Et lorsque tu t'amuses ainsi avec aisance à jouer tous ces rôles, sans t'attacher à aucun, en une vie, tu peux vivre plusieurs vies, accomplir en une seule tous les dépassements, toutes les expériences et te propulser très loin !
Il t'aurait peut-être fallu dix vies pour accomplir un tel travail ! Et simplement avec une attitude de plaisanterie, de rire, d'amusement. Ce qui rend l'homme paresseux, paresse qui donne l'énergie à la peur pour continuer à exister, à tous les masques, de s'agiter, à toutes les bornes, de s'enraciner, à toutes les sociétés de fleurir, etc. Et à tous les assureurs de faire fortune sur votre dos ! Ce qui crée tout cela, c'est que l'homme, je dirais plus précisément sa pensée, l'homme est très sérieux. Très sérieux !
Il est très sérieux quant à ce qu'il sait de lui-même. Or, c'est sérieux. “Moi, je suis cela, oh oui ! Je suis peut-être très malade, c'est très mauvais, mais c'est très sérieusement que je suis très malade. Et c'est sérieux. Je suis peut-être un schizophrène, mais c'est très sérieusement que j'ai cette très sérieuse maladie. Je vais me marier, mais c'est très sérieusement que je rentre dans les liens du mariage, qui est une chose sérieuse, une institution sérieuse, que je vais vivre sérieusement !”
Si tout est tellement sérieux, je ne peux plus m'amuser et je ne peux donc plus changer avec aisance et passer d'une identité qui n'a pas plus d'importance à une autre qui est un peu meilleure pour quelque temps et qui nous permettra d'aller un peu plus loin.
Si je crois sérieusement que mon cheval est mon cheval, que je vais le garder, sérieusement, toute la vie, et si ce cheval n'a appris qu'à se déplacer que d'un village à l'autre et pas plus, je n'arriverai jamais à le faire aller jusqu'à la capitale ! Encore moins en pays étranger et encore moins sur une autre planète ! Et c'est très sérieusement que je vais croire tout cela !
D'où me vient cette capacité d'être si sérieux ?
En tout cas, ce n'est pas moi qui vous a fait ça !
D'où cela vous vient ?
Essayez de deviner.
Allez, on se pousse !
D'où peut venir un tel mirage ?
Qu'est-ce que c'est qui peut faire croire que tout est sérieux, que tout est bien placé, tout doit rester placé, tout est absolument vitalement placé à tel et tel endroit ?
On en a déjà parlé d'ailleurs.
Allez, on me répond !
Allez !
Exactement.
La peur va faire en sorte que tout ce qui est repère, que ce soit d'identité ou que ce soient les points de sécurité, sont des choses très sérieuses et absolument nécessaires. Ce qui fait qu'il est difficile de soigner un malade parce qu'il est sérieusement malade. Eh oui !
Je ne veux pas ajouter à la souffrance, mes paroles pourraient des fois sembler un peu dédaigneuses et méprisantes, blessantes, mais soyez sûrs que je ne veux pas cela. Pourtant, il faut bien dire les choses comme elles sont !
Un malade est trop sérieusement malade pour qu'on puisse le soigner.
Un malade est trop sérieusement malade pour qu'on puisse le soigner.
Parce que ce qui a préfabriqué sa maladie sont des choses auxquelles il croit. Que ce soit des attachements, comme dans le cas des maladies des disciples ou que ce soit d'autres peurs inférieures et consécutives, comme dans le cas de certaines maladies qu'on dit de société tellement elles sont répandues.
Même les épidémies. Les épidémies que l'on dit être tout simplement la répartition du microbe, l'invasion du microbe. Et on se trouve une sérieuse raison à cela. Un microbe a sa propre vie, il a son propre fonctionnement. Si il a tel et tel mode de transmission et que le milieu est favorable, forcément il va se répandre partout. Mais même l'épidémie ne peut avoir lieu que si les hommes sont très sérieux ! Et que petit à petit, très sérieusement, ils reconstruisent tous les moyens, tout le milieu pour que le microbe, heureux, se développe. Et il sera le seul à en rire ! Parce que lui, il s'amuse ! Alors que l'homme meurt.
Les habitudes
Regardez à quel point nos habitudes, nos très sérieuses habitudes qui sont des codes sociaux amènent des maladies. Et lorsque ensuite on s'en aperçoit, on se dit : “Mon Dieu, mais pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?”
Mais c'est très sérieusement que l'on mange du beurre en pensant que c'est très bon. Et en pensant qu'en l'offrant à nos invités, nous sommes des gens très bien, des gens gentils qui pourvoient à toutes les délicatesces. C'est très sérieusement que nous allons offrir du vin en abondance pour bien traiter les amis, mais surtout bien se traiter soi-même parce qu'ils vont penser que l'on est très bien. Et ainsi de suite, à chaque époque, les sociétés ont des habitudes ruineuses, épidémiques.
Donc, si l'on veut soigner un malade, on ne va pas lui demander, c'est certain, de rire de sa maladie, il n'en aura pas l'humeur. On ne peut pas lui demander cette pirouette. Et moi, je ne m'en sentirai pas le cœur non plus. Cependant, on peut lui faire comprendre, petit à petit, ce en quoi trop sérieusement il croyait, ce en quoi trop sérieusement il s'accrochait, s'attachait et qui ont déclenché des énergies destructrices ou qui ont préparé le foyer pour que la chose puisse se transmettre et prospérer.
Si on casse les habitudes, on casse les foyers d'infection.
Si on casse les habitudes, on casse les foyers d'infection.
Les habitudes sont différentes.
Par exemple, si nous avons l'habitude de dormir trop proche des animaux, trop proche des étables, on va avoir des épidémies où on va rencontrer les microbes qui se transmettent par ce genre de proximité et de cohabitation. Séparons les animaux, comme cela s'est fait à une certaine époque, mettons très loin l'animal et dormons enfin dans une chambre isolée, et l'on ne subira plus ces maladies. De la même manière, avec toutes sortes de comportements, il y a des transmissions.
Cela ne veut pas dire que nous devons alors déterminer quel comportement, quelle façon de vivre est la meilleure pour rencontrer le moins de risques, le moins de dangers, le moins de transmissions. Je ne veux pas d'un seul coup vous apprendre à déterminer les relations, déterminer la vie et vous enfermer dans un code.
Simplement, je dirais que aussi fort que vous vous maintiendrez auprès de la Nature, vous ne risquerez rien. C'est sitôt que l'homme s'éloigne de la Nature, de l'expression naturelle de la vie qu'il est en danger et qu'il lui faut être très fort pour ne pas être détruit.
Vous allez me dire : “Mais quelle est la Nature ? Quoi mettre dans ce concept, dans cette idée ? Comment vivre naturellement ?”
Vivre naturellement
Eh bien, on s'aperçoit que vivre naturellement, cela veut dire vivre calmement, se dépouiller des attachements ; ne pas se ruer sur le plaisir que l'on a à boire 10 litres de bière par jour ; ne pas se ruer sur le plaisir que l'on a à se gaver, que ce soit de confiture, de beurre, de tabac, de sexe. Je ne veux pas dire que la nature est un grand guérisseur. Je veux dire que l'équilibre que l'on trouve dans l'expression naturelle de la vie est la seule chose qui peut vous préserver des maladies.
L'équilibre que l'on trouve dans l'expression naturelle de la vie est la seule chose qui peut vous préserver des maladies.
Et même de ces maladies qui touchent les disciples et qui sont dues principalement aux attachements. Le dernier attachement étant toujours un attachement à soi-même, ce qui fait que pour cette initié-là, sa mort est en même temps la plus grande initiation, la dernière.
Et c'est pourquoi, dans toute l'aventure de la vie de Jésus-Christ, c'est au moment où il meurt en croix et pas autrement qu'il ressuscite et qu'il devient Un avec le Père.
Cela veut dire que pendant très longtemps, même si on aura la chance de devenir un initié, pendant très longtemps, un quelconque attachement va persister de quelconque manière. Il y en aura toujours un.
Vous allez me dire : “Il est triste d'imaginer que pendant très longtemps, on va devoir souffrir.”
La souffrance
Il est vrai que la vie est une grande souffrance. Je ne veux pas te dire le contraire, je serai malhonnête ! Je ne veux pas non plus te faire de la poésie pour te montrer que c'est qu'une souffrance belle, une souffrance divine, une souffrance utile. Je te dirai simplement : je souffre avec toi.
D'accord, et c'est sûr, je ris, je plaisante beaucoup, je m'amuse aussi. Nous nous amusons tous, nous sommes tous heureux là-bas ! Mais en même temps, avec vous, avec tous les règnes, nous souffrons tous ensemble !
Tu vas peut-être baisser les épaules et me dire : “Mais est-ce qu'il y a moyen d'en sortir ou est-ce qu'il n'y avait pas [...] ? [...] ne contrôle plus et donc il a besoin des hommes et des Maîtres pour aller chercher les particules de conscience et les défaire de la Matière. Quelle folie tout ce théâtre ! Est-ce qu'il n'aurait pas eu une version plus simple ?”
Eh oui, l'on aimerait bien qu'il y ait une version plus simple, c'est certain. Mais vois-tu, Dieu s'est donné une qualité magnifique, qu'il t'a donnée à toi aussi d'ailleurs ! Le jour où tu la découvres, tu es sauvé et tu sauves le monde !
Le courage.
Le courage.
C'est vrai, le chemin sera rempli d'embûches. Parce que rempli de miroirs, d'attachements, ce sont les étapes qui veulent cela. Il est inutile de les renier et de dire “dans le cœur de Dieu, tu auras tous les repos”, parce que même Dieu souffre.
Tant que cette manifestation ne sera pas terminée, tant que toutes les brebis, comme disait Jésus, une à une et jusqu'à la dernière ne seront pas retournées au Père, lui aussi et tout le monde souffrira. Une certaine souffrance et chacun à son niveau, la souffrance de son plan.
Mais tu as le courage. Nous l'avons et Il l'a.
Pour que cette souffrance soit un feu pas seulement purificateur mais libérateur.
Par quel autre moyen verrais-tu les illusions ? Par quel autre moyen verrais-tu les limites si elle ne te faisaient pas souffrir ?
On pourrait inventer bien sûr un Club Méditerranée de l'évolution spirituelle où une voie serait faite toute de bonheur, où les limites seraient heureuses, où on accepterait de les dépasser mais ce sera avec bonheur, en klaxonnant pour faire plaisir au voisin... Malheureusement, cela ne se passe pas comme cela. Et non pas parce que l'Univers est tragique mais parce que les plans sont éloignés les uns des autres et qu'il faut des soupapes de sécurité, je dirais, propres à chaque plan. Quand je dis éloignés les uns des autres, je parle de l'incommunicabilité que subiront les créatures dans un plan et dans l'autre.
Je ne parle pas d'une distance spirituelle, d'une distance dans l'espace. Je parle toujours et sans arrêt d'incommunicabilité. C'est la seule distance.
Je ne sais pas communiquer, je ne sais pas comprendre, je ne sais pas entendre.
Donc, lorsque je m'aperçois de cette incommunicabilité, je vais faire ma propre vie, créer mes propres repères puisque je n'entends pas les repères des autres et encore moins ceux d'une réalité qui m'est supérieure.
Cependant, le Plan, ce niveau de conscience, prévoit que malgré toutes les incommunications qui peuvent exister et qui prendront du temps pour être franchies, il y a moyen de faire bouger la conscience prisonnière. Donc, de faire bouger la fleur, faire bouger le minéral, faire bouger l'animal, faire bouger l'homme, faire bouger l'initié, de faire bouger même le Maître et de faire bouger même le Kumara pour ceux qui les connaissent. Il y a un moyen et c'est l'inconfort.
“Tiens, je crois en ceci, je m'attache à cela, j'organise ma vie à propos de cela et paf, ce n'est pas confortable. Si ce n'est pas confortable, cela me fait mal quelque part. Si cela me fait mal, comme je suis un homme très sérieux, cela me fait souffrir !”
C'est désagréable, mais c'est un point de sécurité pour que la libération soit possible d'un plan à l'autre.
Même si Dieu, s'étant complètement, si on l'imagine, incarné et répandu dans l'Univers, ne se connaîtrait plus lui-même, s'oublierait complètement, il aurait encore le moyen de redevenir lui-même par les leviers de la souffrance.
Et c'est d'ailleurs pour cela que la religion et notamment l'Église Catholique a tant favorisé la souffrance, a tant exprimé le désir de souffrir, tant favorisé l'idée du martyr. Elle a mis un regard spécial, en pensant bien que cette souffrance avait un but, une utilité. Mais il ne s'agit pas de la vivre comme l'église le croyait, au contraire. Dès que cela fait mal, il faut lâcher !
Dès que cela fait mal, il faut lâcher !
La souffrance est un moyen de savoir que cela est dangereux, que cela est une prison, que cela ne fait pas ton bonheur ni ta liberté.
Lâche !
Cela ne veut pas dire que tu dois continuer à tenir, à tenir et que ça fait mal et que tu endures cette souffrance parce que Dieu n'a pas inventé un système plus plaisant.
On voit cela pendant très longtemps dans la conscience du disciple aux prises avec l'idée de l'amour et spécialement l'amour amoureux. “Dieu, je voudrais bien me marier, je voudrais bien me rencontrer l'élue, je voudrais bien me fusionner, mais cela ne vient pas, mais cela ne vient pas ! Je souffre !” On demande des petits passe-partout, privilégiés, parce que comme on est le disciple préféré du bon Dieu, alors on lui demande qu'une petite exception, “s'il te plaît !” Et on en reste à aspirer, à désirer, à vouloir ce qui fait mal. Mais cela ne vient pas jusqu'à ce que on lâche ! À ce moment-là, éventuellement, cela viendra.
Eh oui ! Parce que tu seras ouvert à la forme supérieure de l'Amour, même l'amour amoureux, le mariage, la fusion, mais une dimension désirée par ton Être, ton âme et que tu ne connais pas encore. Et que tu ne peux découvrir que si tu lâches ton ancienne conception. Et tant que tu n'as pas lâché l'idée amoureuse, tu ne rencontreras pas l'élue.
Je te propose de lâcher. Tu verras que, en quelque temps, tu rencontres exactement ce qu'il te faut. Même si l'on te dira, par toute astrologie, prouvée et confirmée : “Mais non, ce n'est pas ton destin d'être marié ou d'avoir compagne ou compagnon.”
J'espère avoir réussi à te sensibiliser, non pas te faire comprendre - je n'ai pas d'illusions ! - mais à te sensibiliser pour que tu puisses mieux identifier la pensée concrète, la nature du cœur et de ce chevalier, la nature et la fonction de la souffrance, la nature et la fonction de la prison, la nature de la liberté. Et surtout, en ayant toutes ces notions en tête, que tu cesses d'appeler les Dieux et les Maîtres comme étant les grands sauveurs ! Car je t'ai décrit cette grande incommunicabilité.
Ils sont toujours là, mais tu n'entends pas ! Ils sont, au moment même, assis près de toi et tu ne les vois pas ! Comment cela se peut ?
Est-ce qu'ils sont présents à cette séance ? Non, pas du tout ! Je ne dis pas qu'ils sont assis ici pour assister au phénomène ! Mais l'Univers étant un phénomène uni, instantané, spontané, que ce soit dans le temps ou dans l'espace, cela veut dire que tous les êtres existent ensemble au même endroit en même temps. Que ce soit le Vénusien, le Martien, le Terrien, le Maître ou Dieu auquel tu aspires, tout le monde au même endroit, en même temps.
Espace - Temps
Tu vas me dire que c'est peut-être une prouesse intellectuelle, peut-être même encore une poésie pour que tu partes le cœur léger et heureux. Non, ce n'est pas de la poésie ! Je n'ai jamais réussi à être un poète ! Pas du tout ! C'est une vérité.
Simplement, lorsque tu me diras : “Mais Vénus est loin dans le ciel. Shambhala est loin dans le désert de Gobi, peut-être même ailleurs. Allez donc savoir si on nous a dit la vérité ! Les Maîtres sont loin dans les loges himalayennes et ailleurs éparpillés dans les villes lointaines. La Lune est loin dans l'espace. Le Soleil, Sirius, encore plus loin !” Et tu peux me démontrer cette distance.
Cependant, si j'affirme que tous les univers sont ici, en même temps, vivants, et vivants en une seule et même seconde, et non pas en dix mille ou sept mille éternités, que l'on peut jurer comme ayant besoin de tant et tant de nombre de cycles ou d'années de révolution solaire, etc. Et si je te disais que le nombre d'années auxquelles tu assistes et qui s'écoulent est une illusion, est-ce que tu me croirais ? Non, hein ? Tu aurais du mal.
Peut-être dans l'abstrait, tu admettrais que je confonds les symboles et que par trop d'abstraction, je finis par même ne plus voir la réalité bien visible, celle que tu vois ... très sérieusement.
Ce ne sont pas des pirouettes, ce n'est pas de l'abstraction. Je ne suis pas en train de rêver à propos de quelque chose qui n'existe pas. Je n'ai pas bu un verre. Rassurez-vous, pas plus que je n'ai fumé de la marihuana avant de venir. Je suis absolument sain et équilibré. Et je vous dis : le monde ne dure qu'une seconde. Et toutes les planètes, tous les soleils, toutes les constellations sont unes en même temps, au même endroit, de la même Matière. Il n'y a pas plus de cycles qu'il n'y a d'années.
Tu vas me dire : “Mais alors, pourquoi je peux les compter les années ? Hein ? Pourquoi je sais que les Mayas étaient à tel endroit, à telle année, jusqu'à telle année ? Pourquoi je peux même connaître la date de naissance de Cléopâtre, qui n'est pas la même que la mienne et qui n'est pas la même que celle de mon enfant qui vient de naître aujourd'hui ? Et je sais que l'on est dimanche ! Et je sais que c'est le printemps. Et le printemps ne vient qu'après l'hiver. Puisqu'il y a l'hiver et le printemps, il y a le temps !”
Bien sûr, tu vas me démontrer toutes ces choses ! Mais je te dirai que toutes ces choses n'existent ni dans le temps, ni dans l'espace. Ce n'est pas l'expression d'un monde. Ce n'est pas la vérité d'un monde ou d'un univers. Tout est là-dedans.
Il y a un homme qui observe, disons plutôt une pensée. Car l'homme n'existe que quand il est une âme. Pour nous, là, l'âme existe. Il y a une pensée qui observe, qui regarde, qui identifie, qui détermine, qui compte, qui fait des bilans, des re-bilans, des sous-bilans. Et qui se dit : “Tiens, on dirait bien qu'après le un, il y a le deux. Qu'après un jour, il y a un autre jour. Et s'il y a dix jours, eh bien, il y a peut-être un cycle. Et je vois que je suis un enfant, puis je suis un homme, puis je suis un vieillard, je vois les autres naître, je vois les autres mourir. Il y a un certain nombre de jours entre la naissance et la mort. On appelle cela une vie. Et il y a les anniversaires. On peut les compter.”
Et immédiatement, je me prends avec le jeu de la mesure et je mesure tout.
Est-ce que la mesure existe, oui ou non ?
Ça t'embête bien que j'aie brouillé les cartes, hein ?
Non, elle n'existe pas !
Malheureusement, je ne peux pas te le démontrer. Et j'irai à l'encontre de toute science qui, elle, peut démontrer quelque chose, très sérieusement.
Moi, je ne peux pas te démontrer quoi que ce soit ! Parce que ma théorie a l'air pas sérieuse du tout. Cependant, elle est vraie.
Tous ces cycles que tu observes sont des phénomènes à cause de la lenteur de l'éveil.
Tous ces cycles que tu observes sont des phénomènes à cause de la lenteur de l'éveil.
Si tu peux mesurer le temps, ce n'est pas parce qu'un temps existe, c'est parce qu'il y a une lenteur du regard.
Tu vas me dire : “Mais la lenteur existe à l'intérieur d'un concept. Donc, s'il te plaît, peut-être le temps existe !”
Est-ce que tu peux associer la lenteur au concept du temps ?
Hmmm ! Cette lumière obscure, que c'est dur à imaginer, n'est-ce pas ? C'est dur ! Ce bruit silencieux, c'est dur à concevoir, n'est-ce pas ?
Fais un plongeon dans la Conscience et tu verras tout ce que je viens de t'expliquer. Tu le verras de tes yeux. Ou plutôt, je devrais dire, par l'œil de l'âme, l'œil de la Sagesse. Tu le verras et tu comprendras !
Ton ennui maintenant, c'est que tu ne sais pas ce qu'est la Conscience. Alors, tu ne pourras pas comprendre le mot lenteur sans imaginer le concept de temps dans lequel la lenteur se déroule. Eh oui !
Je dirais donc que le temps ne sont que des états de conscience. Tous les temps, de toutes les planètes, de tous les niveaux, des temps-là sont des états de conscience, rien d'autre.
Le temps ne sont que des états de conscience.
Est-ce que tu vas donc mesurer un état de conscience ?
Tu es embêté maintenant ! On ne peut plus mesurer un état de conscience comme on mesurait le temps avec des heures. Et tout de suite, tu imagines le concept distance !
Et voilà, tu as compris maintenant !
Qui a créé le concept espace-temps ?
La pensée.
Et une pensée qui essaye de devenir plus performante, qui essaye de soupçonner. Elle se rend bien compte que l'on ne peut pas tout mesurer comme on mesure le temps, qu'il y a des choses que l'on mesure d'après l'idée de la distance. Une distance de plus en plus abstraite, surtout lorsque l'on en vient aux plans spirituels, aux étapes qui mènent à Shambhala ou ailleurs.
Que devient la distance sitôt que je l'imagine en plans de Conscience et que je suis un homme captif de la mesure ?
J'imagine des densités.
Tiens, sur ce plan-là, la densité est très forte. Peut-être que les atomes sont prisonniers pour tourner d'une certaine manière, qui donnent une certaine illusion, un certain regard.
Tu es déjà un peu plus proche de la vérité.
Alors, ce que je te demande, c'est d'aller plus loin que cette densité. Travaille encore le concept.
C'est le travail que je te donne jusqu'à la prochaine fois. Même si tu ne viens pas ici, cela n'a pas d'importance. Travaille ce concept chez toi.
Et surtout, arrête, lorsque tu regardes ta montre, de penser que l'on peut mesurer le temps !
Tu sais très bien que, en cinq minutes, tu peux avoir vécu une méditation qui te donnait l'impression d'avoir duré des heures ! Comme tu peux, pendant une heure, avoir fait une méditation qui te donnait l'impression d'avoir duré cinq minutes.
Quel est le temps le plus juste ? Celui de la Terre marquée sur ta montre, ou celui de ton impression intérieure ?
Et c'est là que l'on pourrait se dire aussi : “Mais, du rêveur et de l'éveillé, qui est dans la réalité ? Quand je rêve la nuit, est-ce une réalité plus grande ? Ou est-ce le jour quand je suis réveillé ?”
De nouveau, encore un paradoxe.
Il y a une troisième dimension qui explique tout cela et qui rétablit tout cela. C'est la Conscience, c'est l'Être.
Je te laisse travailler sur ce thème.
Mais avant de te quitter, je voudrais te rappeler que l'important, ce n'est pas ni d'avoir compris ce que je dis, ni de repartir pour travailler très sérieusement le matériel, de t'efforcer de t'en souvenir, d'être dès demain une personne meilleure, un bon disciple, bien discipliné, une bonne cuvée 92 !
Défaire tout ce qui te fabrique.
Dès demain, essaye avant tout de défaire tout ce qui te fabrique, qui te manipule, tout ce qui vit à tes dépens, tes peurs, tes conceptions, tes croyances en la sécurité, tes croyances dans les religions, en un Sauveur, les Maîtres, Shambhala, défais tout cela ! Non pas pour ne plus y croire ! Je te demande simplement de défaire ce que tu en crois aujourd'hui. Ne t'occupe pas de ce que tu dois croire demain. Laisse-moi m'en occuper. Laisse-nous nous en occuper. Et laisse l'intuition, l'inspiration t'apporter et déposer ces belles semences.
L'embêtant, lorsque l'on veut décréer quelque chose, c'est que l'on cherche tout de suite à le remplacer par quelque chose que l'on crée, immédiatement !
“Je veux bien ne plus être, par exemple, ne plus croire que je suis paresseux et avare, mais alors cela veut dire que je vais me forcer à être généreux et travailleur !” Et de nouveau, je tombe dans un piège catastrophique ! Parce qu'effectivement, je vais pouvoir me pousser à être généreux et travailleur quelque temps, mais comme en même temps je n'ai pas fini d'être paresseux et avare, il y aura des problèmes !
Donc, je te demande simplement de défaire ce en quoi tu crois, sans chercher à croire ou à préméditer ce en quoi tu dois croire, ce que tu dois être. S'il te plaît, ne prévois pas ce que tu dois être !
Ne prévois pas ce que tu dois être !
Ne dis pas demain je vais être généreux, demain je vais être bon, demain je vais être détaché, demain je vais être un disciple, demain je vais être un méditant, demain je ne vais plus manger de beurre, demain je ne vais plus boire, demain je ne vais plus fumer. Ne dresse pas comme ça tous ces masques, même s'ils te paraissent être beaux, ils sont terribles ! Terribles !
Contente-toi de ne pas exister et tu verras à quel point l'existence est belle !
Contente-toi de ne pas exister et tu verras à quel point l'existence est belle !
Parce qu'à chaque fois que tu rencontras une personne, une situation, tu seras même de la vivre profondément, de communier avec elle profondément et de répondre à la nécessité de cette personne ou de cette situation.
Alors que si tu arrives avec ta générosité, tu vas l'imposer au pauvre qui a besoin peut-être d'être pauvre ! Parce qu'il n'y a que dans cette pauvreté qu'il a une chance, d'ici trois jours, de découvrir quelque chose de fantastique et enfin de lâcher quelque chose qui lui fait mal et qui l'empêche de voir Dieu. Mais voilà, tu es généreux, alors tu arrives et tu lui donnes tout ce qu'il faut. Tu existes en tant que générosité.
Sois ! Tout simplement.
Mais voilà qu'il y a encore une histoire de lumière obscure : être pour toi, cela veut dire ne pas être.
Le non-être
Et quand je dis cela, cela ne veut pas dire que tu dois développer un état de non-être, non-être, non-être. “Tiens voilà, qu'est-ce que je vais faire encore avec cette notion ? On n'en finit pas !”
Non-être, non-être... Qu'est-ce que cela veut dire ?
Allez, réfléchis, cette fois-ci je te quitterai vraiment.
Le non-être, c'est quoi ?
La mort de soi ?
Bien sûr, tu peux dire cela, ce n'est pas faux, mais soit un peu plus juste.
Qu'est-ce que tu es aujourd'hui ?
Est-ce que tu es le Soi ? Non.
Tu es des tas d'aspects. Tu es des tas d'attitudes. Tu es la générosité ou l'avarice. Tu es tous ces masques, c'est ça. Faire le non-être, c'est détruire tous ses masques.
Faire le non-être, c'est détruire tous ses masques.
Donc, je ne te demande pas d'être une coquille vide, d'être un individu qui est complètement aérien, sans aucun centre, sans vie.
Le non-être, c'est “je ne suis pas mes masques !” Bas les masques !
Et à ce moment-là, Celui qui Est émerge.
Tu n'as pas besoin de te demander : “Tiens, comment il va éxiter, qui il est, quelle est sa nature, est-ce que je dois l'aider un petit peu à exister, est-ce que je dois le pousser un peu pour le créer ?”
Tout ce que tu as à faire, c'est détruire !
Détruire
Tu n'as pas été mis au monde pour autre chose ! Tu es le grand destructeur de la prison de la Conscience, le grand destructeur de Dieu, mais du Dieu pris dans les filets de la Matière.
Tu es le grand destructeur de la prison de la Conscience, le grand destructeur de Dieu, mais du Dieu pris dans les filets de la Matière.
À partir du moment où tu conçois ton rôle comme un rôle de destruction, tu vois qu'en même temps, tu es un constructeur, un libérateur.
Et alors, les petites histoires de lumière obscure, tu les comprends très vite. Destruction, construction, ce n'est pas opposé. Ce n'est pas même en complémentarité. C'est exactement la même chose ! Il ne s'agit pas de faire s'entendre même des opposés. C'est exactement la même chose ! Il n'y a pas de différence.
Par contre, dans l'acte de détruire, pendant un certain temps, il va y avoir des essais maladroits. On ne sait pas, est-ce que vraiment il faut détruire et puis comment on s'y prend et qu'est-ce qu'il faut détruire et qu'est-ce que c'est qui est détruit et qui est le destructeur ?
“Ha ! C'est moi le destructeur. Ha ! Et puis en plus, c'est moi que je dois détruire ! Enfin, du moins mes masques. J'aurais préféré être le constructeur.” Désolé, la place est prise, c'est Dieu, il a déjà fait !
Par contre, ce constructeur va apparaître dès que tu fais ton rôle de destructeur. Eh oui !
Alors ensemble, en un seul coup de hache ou de marteau ou en une seule avancée de bulldozer, peu importe, détruisons tous ces masques !
Et tiens, pour une fois, c'est moi qui vais enlever le mien. Parce que j'en ai un, bien sûr ! Oh, ce n'est pas moi qui le désire, ce n'est pas moi qui le fabrique, c'est vous qui le fabriquez ! Et je le laisse.
Alors je vais le détruire parce qu'il faut bien que je donne l'exemple. Sinon, personne ne va suivre, n'est-ce pas ?
Je ne suis pas un Guide. Je ne suis pas une grande Lumière. Je ne suis même pas quelqu'un d'important dans la Hiérarchie.
Décevant, hein ? On a l'impression que les chaises deviennent molles tout d'un coup !
Je ne suis pas même un étudiant brillant ! Non.
Mais je suis cependant un grand observateur qui a décidé de travailler et qui doit rendre compte de son travail chaque fois qu'il parle. “Compte” au sens de l'effet que cela va faire, des formes-pensées que vous allez construire et de l'énergie de travail que vous allez en tirer.
Qui je suis alors ?
Je m'en moque !
Je sais ce que je ne suis pas, mais à savoir qui je suis, cela m'est égal ! Parce que dès demain, je serai déjà plus (+) que ce que je suis temporairement aujourd'hui. Alors pourquoi je vais me décrire ? Je serai un menteur et je devrais vous rappeler demain au rendez-vous pour vous dire : “Ah mais tu sais, là, j'ai fait davantage, je ne suis déjà plus le même !”
Et même si tu parles au plus grand des Maîtres, même si tu parles au maître le plus responsable de la Hiérarchie, il te dira la même chose :
Non seulement je ne suis rien et en plus je ne sais pas qui je suis, parce que je ne fais que servir. J'accomplis.
Accomplir n'est pas une identité, accomplir est une fonction.
Est-ce que l'on est une fonction ?
Les gens très sérieux, oui, le sont, ils y croient. Les illuminés, non. Ils ne sont plus. Ils laissent simplement le Créateur fonctionner comme il veut fonctionner à travers eux, un point c'est tout !
Si nous devons parler d'une identité, il y a une que j'affirme alors très haut, parce que nous la partageons tous. Nous sommes un seul Dieu, le même et l'éternel.
Nous sommes un seul Dieu, le même et l'éternel.
Et que cela nous suffise !
Au Diable tous les masques ! Que cela nous suffise !
Que voulez-vous de plus ?
Bien sûr, cela ne convient pas à votre faim ni votre soif, parce que vous ne savez pas ce que c'est que “être Dieu” ou Ce qu'est Dieu. Alors, je vous maintiens simplement en appétit. Pour que d'appétit en appétit plus grand jusqu'à ce que cela devienne même un jeûne complet où l'on fait tomber tous les masques, vous découvriez le grand banquet auquel vous êtes attendu à Shambhala. Et croyez-moi, nous avons de fins cuistots là-haut !
Je ne veux pas vous perturber lorsque je détruis vos conceptions. Je ne veux pas vous déséquilibrer. Il est très mauvais de déséquilibrer un individu. Par contre, je me permets peut-être de vous taper quelquefois l'échine, de vous donner du bâton. C'est désagréable mais c'est mon rôle !
Alors, autant que vous acceptez le bâton, nous serons amis.
Si un jour vous sentez que je vous déséquilibre, que je vous déstabilise, fuyez-moi ! Car là n'est pas mon rôle. Et je ne veux pas cet effet sur vous.
Je ne veux pas dire : allez vers de plus grandes stabilisations. Je dis simplement : trouvez un bâton qui tape peut-être un peu moins fort ou chez vous à un meilleur endroit. Un bâton qui vous pousse, qui vous fait avancer un peu plus loin sans vous faire tomber.
Et si demain plus personne ne vient, cela ne me dérange pas ! Je ne suis pas vaniteux, vous savez ! Cela ne me dérange pas du tout. J'aurais compris que la limite de mon travail est atteinte et qu'il faut laisser la place à d'autres tout simplement.
Et si demain il y a encore plus de personnes, eh bien cela veut dire que je vais travailler encore plus. Mais de nouveau, sans vouloir vous déstabiliser, donc en mûrissant chaque parole, même si quelquefois elle semble pour certains qui voudraient plus, donc limitée et jamais complète.
À celui qui sait davantage, un autre enverra la semence ou inspirera d'aller trouver un livre ou un être qui parlera mieux. Peut-être, je le crois, cela existe, c'est sûr ! Simplement, je dois veiller aux plus petits qui sont assis ici, à celui qui pourrait tomber de sa chaise, car il ne faut pas.
Je peux mettre des roulettes aux chaises pour l'aider à sortir un petit peu plus loin, à sortir dehors. Mais je n'ai pas le droit de le faire tomber de la chaise. Alors que celui qui veut plus, aille ailleurs. Et quand tu sauras plus, eh bien peut-être tu feras le même travail et tu seras soumis aux mêmes lois que moi et tu me comprendras.
Je vous souhaite à tous une bonne soirée, une grande énergie dans le cœur pour vivre votre vie !
Et soyez certains que cette énergie est le seul endroit où tous ensemble nous sommes réunis. Donc, quand vous communiez dans votre cœur, vous communiez avec nous tous, en même temps.
Je vous salue.
Au revoir.
(Date de la conférence : 03 05 1992)